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Grignotage n°144: Les Ames Vagabondes, Stephenie Meyer

La Terre est envahie. L’humanité est en danger. Nos corps restent les mêmes mais nos esprits sont contrôlés. Mélanie Stryder vient d’être capturée. Elle refuse cependant de laisser place à l’être qui tente de la posséder.
Quelques part caché dans le désert,il y a un homme qu’elle ne peut pas oublier.
L’amour pourra t-il la sauver ?

Merci beaucoup à Ayma, car si elle n’avait pas décidé d’organiser cette Lecture Commune, j’aurais reposé ce livre pour cause de quatrième de couverture repoussoir (cf le paragraphe précédent), et ça aurait vraiment été dommage, parce qu’il y a quelques  bonnes choses dans ce roman de science fiction.

Bon, il y a aussi beaucoup de clichés, et je vais commencer par ça, pour pouvoir finir sur un avis plus positif:

– Pourquoi les héroïnes sont toujours, toujours, toujours, prêtes à se sacrifier, au moindre petit problème, pour sauver leurs potes? (même en sachant que leur sacrifice ne servira pas à grand chose au final, d’ailleurs).
C’est un peu comme si beaucoup d’héroines des romans YA ou un tant soit peu romantiques rêvaient de se suicider, et au bout d’un moment c’est assez agaçant (principalement parce que cette tendance entraîne un certain nombre de scènes d’auto-apitoiement énervantes, et de démonstrations de courage peu crédibles.)

– Pourquoi les petits copains des héroïnes (qui ont évidemment un coup de foudre immédiat pour ce beau chevalier servant tombé du ciel…) ont toujours des abdos en acier trempé, et un sourire rare mais carrément troooop-meugnon? Bon, d’accord, ça ne fait rêver personne, les gens normaux, mais les auteurs pourraient peut-être apporter un peu d’originalité à leur description de la perfection masculine, zut alors!

– Le côté « on ne fait rien avant le mariage », assorti de scènes de baisers supposément plus torrides que de vraies scènes de sexe… m’a paru d’un intérêt relativement limité. Mais c’est un avis purement personnel.

Sinon, Les Âmes Vagabondes, c’est plutôt sympa (non, on ne s’esclaffe pas, j’ai râlé, maintenant c’est bon, on peut aborder les points positifs).

L’auteure a décidé d’adopter le point de vue de Wanderer/Wanda (Vagabonde/Gaby en français), l’Âme qui contrôle désormais le corps de Mélanie, un pari risqué, puisque le début du livre est du coup assez perturbé et confus, le temps que le lecteur s’adapte à cet étrange personnage principal. Néanmoins, c’est aussi de ce choix que découle une bonne partie de l’intérêt du livre, car le cheminement de cette Âme, qui va peu à peu découvrir la Terre et s’interroger sur sa propre identité, est décrit avec une certaine finesse, qui contraste avec le manque flagrant de finesse des scènes guimau… d’amour, caractérisées par des phrases à fort potentiel émotionnel, comme « même si nous sommes séparés, mon coeur est à toi ». Une fois, c’est bien. Dix fois, c’est peut-être un peu trop. Pour moi en tout cas.

Le combat que se livrent Mélanie et Wanderer au début du livre laisse rapidement place à une sorte d’alliance. Leur découverte de la communauté cachée dans le désert est mon passage préféré. Il s’étend sur une centaine de pages durant lesquelles il ne se passe pas grand chose, mais il s’agit d’un passage riche en découvertes et en réflexions de toute sorte. De toute façon, dans l’ensemble, ce roman est plutôt orienté sur l’introspection que sur l’action, mais mis à part quelques passages un peu répétitifs cela ne m’a pas dérangé. J’ai également bien aimé la toute fin, qui parvient à laisser la place à l’imagination et a occulté ma (légère) déception face à un dernier rebondissement tout à fait prévisible.

Mis à part Mélanie (que j’ai trouvé assez antipathique pendant une bonne partie du livre, malgré son statut de victime), et Wanderer (hautement sympathique, même si elle manque parfois un peu de réactivité et de profondeur), certains personnages se détachent du lot. J’aime beaucoup Ian, Doc (je vous ai dit que j’avais un problème avec les savants fous?), et Jeb pour son côté à la fois loufoque et très intelligent.

Le style d’écriture est simple (pauvre?), et n’a rien de vraiment particulier, ce qui est dommage, car cela aurait vraiment été un petit « plus » très appréciable, qui aurait pu donner un peu de dynamisme à la narration, qui semble parfois tourner un peu en rond.

Mais au final, j’ai apprécié cette lecture, alors que je partais avec de forts a-priori (je n’ai jamais réussi à dépasser la page 30 du premier tome de Twilight, malgré des tentatives en français et en anglais, et n’étais donc pas sure du tout que les Ames Vagabondes me plairaient).

Même si, à froid, je lui trouve pas mal de défauts, ce roman a été une lecture agréable. Malgré l’utilisation de quelques clichés et un aspect « romance » auquel je n’ai pas accroché, ce livre parvient quand même à alimenter une certaine réflexion sur l’identité, l’acceptation de l’autre, sans tomber (et j’en ai été assez surprise) dans la moralisation ou le jugement, et en laissant le soin au lecteur, en fin de compte, de se faire sa propre idée.

Si je devais donner une note: 6,5/10

Les avis des autres lecteurs : lenacoli, nane42, Juliah, Lilichat, Stellabloggeuse, Gr3nouille2010, CalieS

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