Archives de Catégorie: Comtesse de Ségur

Grignotage n° 177: Les Vacances, Comtesse de Ségur

« Voilà des grandes vacances bien animées au château de Fleurville ! Pêche, chasse aux papillons, construction de cabanes…
Les activités ne manquent pas pour Camille, Madeleine, Marguerite, Sophie et leurs trois cousins. Mais la grande surprise, c’est le retour de M. de Rosbourg et de Paul, le cousin de Sophie, que tous croyaient morts avec les parents de Sophie dans le naufrage de leur navire. Les vacances prennent un goût nouveau avec le récit de leurs aventures ! »

On retrouve les mêmes personnages que dans Les Malheurs de Sophie, et Les Petites Filles Modèles, avec un an ou deux de plus!

Cette fois, l’intrigue ne change pas à chaque chapitre, et la lecture m’en a paru plus fluide. Les sujets abordés sont plus variés, et d’une certaine façon plus ambitieux, puisqu’on assiste non seulement aux jeux et aux découvertes des enfants, mais aussi au récit épique d’un naufrage, à la description de plusieurs années de vie chez les « sauvages » (avec, évidemment, tous les clichés de l’époque sur le sujet!) et à une histoire de fantôme, le tout mélangé avec quelques dernières leçons de morale, mais moins que dans les autres tomes de la série (ou alors, c’est moi qui me suis habituée?^^).

Je n’ai pas grand chose à dire de plus pour cette chronique, de peur de répéter des éléments déjà commentés à l’occasion de la lecture des deux autres livres, mais malgré sa dimension très moralisatrice , j’ai apprécié cette petite série plus que je ne le pensais, notamment grâce aux personnages. J’ai aussi trouvé intéressant de constater la progression dans la façon dont est racontée l’histoire:     on passe en effet d’une petite histoire par chapitre, avec un nombre très limité de protagonistes, à une intrigue plus complexe, avec davantage de personnages. Le style d’écriture varie assez peu, et conserve le côté élégant et un peu précieux qui donne beaucoup de charme au récit.

Si je devais donner une note: 8/10

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Grignotage n°175: Les malheurs de Sophie, Comtesse de Ségur

« L’action se déroule dans un château de la campagne française du second empire où Sophie habite avec ses parents M. et Mme de Réan. Curieuse et aventureuse, elle commet bêtise sur bêtise avec la complicité critique de Paul, son cousin, qui est bon et tente de lui montrer le droit chemin. Elle a pour amies Camille et Madeleine de Fleurville, des petites filles modèles qu’elle peine à imiter. »

Le début du livre est assez abrupt. Les personnages en nous sont pas présentés, le lieu où se déroule l’action n’est quasiment pas décrit, et j’ai trouvé ça un peu étrange, pour un livre pour enfants (je ne m’attendais pas à « il était une fois », mais presque!).

Chaque chapitre, assez court, décrit un « méfait » de Sophie. La structure est assez répétitive, et peut induire une certaine lassitude: Sophie fait une bêtise, elle se fait gronder, elle regrette, et finalement, on lui pardonne. Inutile de dire que le tout ne se fait pas sans de multiples leçons de morale, et beaucoup de larmes de la part de la petite fille.

Pourtant, la lecture est rendue agréable par plusieurs éléments: d’abord, les personnages des enfants, très attachants, avec leurs petits travers mais surtout leur enthousiasme et leur curiosité, et notamment Paul, qui, bien qu’ayant clairement une fonction de modèle, attire sans difficulté la sympathie du lecteur. Sophie est parfois assez drôle lorsqu’elle se met en colère et refuse de reconnaître ses torts, mais on la plaint surtout, car elle passe son temps à se faire punir.

Chaque chapitre peut-être lu indépendamment, mais on observe une évolution des personnages entre le début et la fin du roman, même si Sophie est encore loin de ressembler à une petite fille modèle!

J’ai quand même regretté un certain manque de fluidité, non pas au niveau de l’écriture, très claire et élégante, mais au niveau de la narration, le récit étant très entrecoupé. On ne retrouve pas ce défaut, par exemple, dans Les petites filles modèles, où la narration est beaucoup plus fluide, et encore moins dans les Vacances, qui se dote d’une intrigue un peu plus complexe.

Un récit facile à lire, des personnages attachants, mais j’ai préféré les autres livres mettant en scène Sophie, moins simplistes.

Si je devais donner une note: 7/10

Les chroniques de mes co-lecteurs:
Chouppye , Ellcrys, Gr3nouille2010, nane42, bebere, caramelmanon96,

Grignotage n°173: Les petites filles modèles, Comtesse de Ségur

« Camille et Madeleine, les deux soeurs, s’entendent à merveille, partagent les mêmes jeux, les mêmes émotions. Camille, l’aînée, est vive, espiègle, hardie; Madeleine est plus réservée, sensible, solitaire. Promenades en calèche, sauvetage d’un rouge-gorge tombé du nid, indigestions de cassis, disputes et réconciliations, fêtes et parties de campagne… Avec leurs amies Marguerite et Sophie, les petites filles modèles vivent au jour le jour les grandes joies et les petites catastrophes de l’enfance. »

En lisant en une seule soirée Les Petites Filles Modèles et les Malheurs de Sophie (pour le LC du 9), je m’attendais à faire une indigestion, non pas de cassis, mais de mièvrerie et de bons sentiments. Pourtant, à mon grand étonnement, je n’ai pas tant détesté que ça, et au contraire, j’ai trouvé cette découverte  plutôt sympathique!

On suit les aventures de Madeleine, Camille, et de leurs protégées, Marguerite et Sophie, sur une période d’un ou deux ans, des élipses nous permettant de suivre l’évolution des petites filles, et surtout le changement de caractère de Marguerite et Sophie, qui ont un peu de mal à suivre l’exemple des deux aînées, et se chamaillent beaucoup.

Malgré une certaine redondance dans les leçons de morale données aux enfants (mais comme c’est le but premier du livre, j’étais prévenue dès le départ!), les situations rencontrées par les petites filles modèles sont assez différentes les unes des autres. Le mélange de petits gestes du quotidien et de « grandes aventures » (notamment quand Sophie et Marguerite se perdent dans la forêt) induit une certaine variété, et on peut lire Les Petites Filles Modèles d’une traite ou presque sans se lasser. 

Je me suis de fait beaucoup attachée à ces personnages qui ont tous leurs défauts, mais aussi des qualités qui les rendent très sympathiques. De même, on déteste assez facilement les « méchants » de l’histoire, à commencer par Mme Fichini, la belle-mère de Sophie, à la fois cruelle et ridicule.

Ce livre est aussi très intéressant d’un point de vue historique, puisqu’il donne beaucoup de renseignements sur la façon de vivre, et d’élever des enfants, durant le Second Empire. On rencontre, évidemment, des personnages ayant un statut social élevé (les mamans des petites filles et leurs amies), mais aussi les habitants des villages alentours,  paysans, artisans…

Le style de la Comtesse de Ségur est à la fois élégant (j’étais étonnée au début par le niveau des dialogues entre des petites filles de six ou sept ans!) et simple, tout à fait abordable pour des enfants, sans être forcément ennuyeux pour des adultes.

Au final, Les petites filles modèles est un petit livre au charme forcément désuet, mais bien présent, et je me suis surprise à suivre avec beaucoup d’intérêt le quotidien, les joies et les peines de ces petites filles, et je pense bientôt lire Les Vacances pour connaître la suite de leurs aventures!

Ce livre a été lu dans le cadre du challenge Classiques au Coin du Feu.

Si je devais donner une note: 7,5/10

Les chroniques de mes co-lectrices: petit_speculoos, Ellcrys, Luna, Chouppye