Grignotage n°278: Scintillation, John Burnside

Couverture ScintillationDans un paysage dominé par une usine chimique abandonnée, au milieu de bois empoisonnés, l’Intraville, aux immeubles hantés de bandes d’enfants sauvages, aux adultes malades ou lâches, est devenue un modèle d’enfer contemporain.
Année après année, dans l’indifférence générale, des écoliers disparaissent près de la vieille usine. Ils sont considérés par la police comme des fugueurs. Leonard et ses amis vivent là dans un état de terreur latente et de fascination pour la violence. Pourtant Leonard déclare que, si on veut rester en vie, ce qui est difficile dans l’Intraville, il faut aimer quelque chose. Il est plein d’espoir et de passion, il aime les livres et les filles.

Je ressors de cette lecture déboussolée, et avec la sensation de ne pas avoir tout compris…

Scintillation commence comme un thriller. Il y a des disparitions mystérieuses, un policier, une ambiance glauque, lugubre, qui se prêterait bien à une enquête. Mais voilà, le policier n’est pas bien courageux, les disparitions continuent dans une relative indifférence générale , et on se rend compte assez vite qu’il n’y aura pas d’enquête, de découverte d’indice ou de course-poursuite haletante. Les disparitions sont là pour planter le décor, pour servir de trame de fond à un roman qui consiste surtout en une description de l’ambiance pesante, morne, voir carrément malsaine de l’Intraville.

De même, les personnages dont on partage le point de vue sont ou fous, ou complètement désabusés, ou encore un peu des deux. Sauf Leonard, qui sans être un gamin modèle, donne au moins l’impression d’être vraiment vivant. C’est de loin le personnage le plus attachant du livre, avec sa passion pour la littérature, même si j’ai trouvé assez peu crédible qu’un ado de 14 ans ait déjà lu et apprécié autant de classiques pas forcément abordables (ou alors c’est moi qui fait une allergie à Proust et à Conrad, c’est tout à fait possible).

La narration (difficile de parler d’intrigue) développe donc les points de vue de ces personnage sur l’Intraville, une ancienne ville industrielle qui a brusquement périclité après la fermeture de l’Usine, devenue une immense friche industrielle, et qui depuis stagne sans relation avec le monde extérieur. Le tout est porté par un style d’écriture très travaillé, contemplatif et poétique, qui a rendu prenante  une lecture qui s’annonçait pourtant étrange et exigeante. C’est d’ailleurs surtout la force de cette écriture qui m’a marquée, et l’atmosphère sombre qu’elle parvient à retranscrire.

En qui concerne l’histoire que raconte (quand même un peu!) ce roman, je ne suis pas sure de l’avoir bien comprise, notamment la fin, où l’apparition du fantastique/ de la SF / d’une sorte de truc bizarre et onirique m’a un peu perturbée.

Un livre singulier, surprenant, presque un OVNI littéraire, qui m’a surtout marquée par la forte personnalité de son personnage principal et la magnifique écriture de son auteur.

Si je devais donner une note: 7/10
Marmotte a beaucoup aimé sans comprendre grand chose…

Livre lu dans le cadre du Prix du Meilleur Roman des Éditions Points

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Une réponse à “Grignotage n°278: Scintillation, John Burnside

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