Grignotage n°244: La solitude des nombres premiers, Paolo Giordano

Les nombres premiers ne sont divisibles que par 1 et par eux-mêmes; soupçonneux et solitaires, certains possèdent cependant un jumeau dont ils ne sont séparés que par un nombre pair. Mattia, jeune surdoué, passionné de mathématiques, en est persuadé : il compte parmi ces nombres, et Alice, dont il fait la connaissance au lycée, ne peut être que sa jumelle. Même passé douloureux, même solitude à la fois voulue et subie, même difficulté à réduire la distance qui les isole des autres. De l’adolescence à l’âge adulte, leurs existences ne cesseront de se croiser, de s’effleurer et de s’éloigner dans l’effort d’effacer les obstacles qui les séparent. Paolo Giordano scrute avec une troublante précision les sentiments de ses personnages qui peinent à grandir et à trouver leur place dans la vie. Ces adolescents à la fois violents et fragiles, durs et tendres, brillants et désespérés continueront longtemps à nous habiter.

Paolo Giordano nous propose deux personnages ambivalents, décrits d’une plume prometteuse. Pourtant, il m’a manqué quelque chose pour être vraiment convaincue par ce roman. 

J’ai pourtant été plutôt captivée par l’évolution de Mattia et Alice, que l’on découvre à l’adolescence, et que l’on suit sur plusieurs années. J’ai par contre été  un peu gênée par le grand écart temporel entre les différents chapitres (parfois 3 ou 4 ans), qui oblige à être vraiment attentif aux dates, et à faire du calcul mental pour connaître l’âge des personnages (et comme je suis super nulle en calcul mental…).

Alice l’anorexique et Mattia le mathématicien à la limite de l’autisme sont deux personnages complexes, marqués dès l’enfance par des accidents de la vie (une jambe paralysée pour Alice, la disparition de sa soeur jumelle pour Mattia). Pourtant, malgré la dureté des thèmes évoqués (par exemple l’habitude de s’automutiler de Mattia), je suis restée très à distance, vraiment spectatrice, et l’ensemble m’a paru assez froid, en dépit d’une vraie finesse dans la description psychologique. Je n’ai pas ressenti beaucoup d’empathie pour les personnages. C’est peut-être un parti pris de la part de l’auteur, mais en règle générale, je n’aime pas rester totalement extérieure à une histoire.

En règle générale également, je n’aime pas les histoires qui n’ont pas de fin. Et ici, c’est le cas. On quitte les personnages alors que rien n’est résolu, certains mystères restent encore en suspens, la situation n’est absolument pas débloquée, bref, en terminant le livre, auquel j’avais pourtant bien accroché, je me suis quand même sérieusement demandé où l’auteur voulait en venir.

Au final, j’ai été séduite par le style très agréable de Paolo Giordano, et par ses personnages à la fois antipathiques et étrangement attachants, mais je suis restée en marge de l’histoire, et je n’ai pas aimé la non-fin du livre. 

Si je devais donner une note: 5/10
Marmotte a un avis mitigé 

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Une réponse à “Grignotage n°244: La solitude des nombres premiers, Paolo Giordano

  1. J’ai lu plusieurs avis sur ce livre et qu’ils soient bons ou « mauvais », je dois dire que je ne me sens pas tentée… Après j’aime bien ce que tu en dis même si tu es mitigée !

    Bonne journée 🙂

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