Grignotage n°215 : La fille de braises et de ronces, Rae Carson

À 16 ans, Élisa est devenue malgré elle l’Élue et l’unique porteuse de la Pierre Sacrée. Bien qu’elle porte le joyau à son nombril, signe qu’elle a été choisie pour une destinée hors normes, la princesse Élisa a déçu les attentes de son peuple : la population de son royaume ne voit en elle qu’une jeune fille paresseuse, inutile et enveloppée… Le jour de ses 16 ans, son père l’envoie dans un lointain royaume afin de retrouver son futur mari, un bel homme de vingt ans son aîné. Mais ce dernier refuse finalement de la reconnaître comme sa femme. Dévastée par la tristesse, Élisa décide alors de prendre son destin en main et de découvrir quelle est sa mission.

J’ai été attirée par la très jolie couverture de ce livre, et par le côté atypique de l’héroïne, et malgré quelques défauts je  n’ai pas été déçue!

Au premier abord, Elisa ne m’a pas parue très sympathique. Elle passe une bonne partie des premiers chapitres à se plaindre. Pourtant c’est également la façon dont elle exprime son mal-être qui me l’a rendue attachante, car l’auteure parvient à doter son personnage de certaines qualités (notamment son intelligence, son humour cinglant, et, plus tard, sa détermination), tout en mettant en avant le fait qu’elle soit encore une adolescente mal dans sa peau (ce qui se traduit surtout par sa tendance à la boulimie, mais aussi par sa jalousie envers sa soeur et son inertie face aux événements). Bref, Elisa est loin d’être parfaite, tant physiquement que moralement, et c’est ce côté « personnage terriblement normal dont tout le monde attend un miracle » que j’ai beaucoup apprécié, d’autant qu’en s’exprimant à la première personne, cette anti-héroïne nous communique de façon très naturelle toutes ses émotions. Les autres personnages sont de fait un peu moins développés, mais leurs diverses réactions, bien que parfois un peu exagérées, restent la plupart du temps assez crédible. J’ai particulièrement adoré le petit Rosario.

Un bon point également pour l’univers développé par Rae Carson. J’ai beaucoup aimé les noms à consonance latine, la diversité des paysages, même si quelques descriptions supplémentaires n’auraient pas été de refus. J’ai aimé l’idée du Destin, représenté comme une entité consciente, et les différentes pratiques religieuses qui s’articulent autour de ce concept. L’idée de la Lengua Classica est également très intéressante, et je me demande quel goût peut bien avoir la soupe de gerboise!

Au niveau de l’intrigue, on reprend un schéma classique en fantasy: une quête initiatique, une Elue, des méchants plutôt méchants, et des gentils très gentils. C’est du jeunesse, et cela se voit! Malgré quelques scènes un peu plus difficiles, l’auteure nous livre finalement une histoire plutôt simple et édulcorée, mais qui tient la route et remplit bien sa fonction en nous présentant de façon claire et plaisante l’univers et les principaux personnages de cette trilogie. C’est un premier roman, et je pourrais lui reprocher un léger manque de profondeur. Pourtant, j’ai apprécié cette lecture, grâce au style d’écriture très fluide, au caractère un peu ambivalent de certains personnages, et aux bonnes idées qui donnent à la structure plutôt classique un petit soupçon d’originalité.

Ce premier tome, sans être un chef d’oeuvre, constitue une lecture vraiment plaisante et plutôt prenante, et je suis curieuse de connaître les développements imaginés par Rae Carson pour la suite de son histoire! 

Si je devais donner une note: 7,5/10
Marmotte aime bien!  

 Ce livre a été lu dans le cadre du challenge Fantasy sous un Chêne.

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3 réponses à “Grignotage n°215 : La fille de braises et de ronces, Rae Carson

  1. Contente d’en lire une critique plus nuancée qui lui semble bien plus fidèle j’ai l’impression ^^
    Je pense que je le lirai à l’occasion, sans en attendre grand chose car à lire les chroniques, le manque de profondeur semblait plutôt apparent 🙂

  2. Un livre qui me tente bien! Je trouve sa couverture jolie, bien qu’un peu kitsch…

  3. stellabloggeuse

    En effet, j’ai ressenti aussi l’effet « premier roman » : on reste parfois en surface, les choses vont parfois un peu vite ou on a un effet un peu « brouillon ». Mais ce roman a été une agréable surprise pour moi : après avoir lu quelques dizaines de pages, je ne m’attendais pas à ce qu’Elisa m’emmène aussi loin. J’ai aimé l’univers et les paysages, mais aussi les personnages, ces gens qui ne sont pas des super héros mais se battent avec leurs moyens. J’ai aimé que, pour une fois en jeunesse, les obstacles ne soient pas franchis trop facilement

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