Grignotage n°209: Aila et la magie des fées, Catherine Boullery

Les légendes en Avotour racontent qu’hommes et fées vécurent longtemps en parfaite harmonie. Un jour cependant, une histoire ´amour entre un homme et une fée brise un interdit absolu et détruit cette entente immémoriale. Les fées choisissent alors de disparaître aux yeux des hommes et c´est ainsi qu’aujourd´hui, plus personne ne croit aux fées, plus personne ou presque…
Orpheline de mère et reniée par son père, ce héros victorieux des féroces ennemis héréditaires du royaume, les Hagans, Aila est élevée par son oncle Bonneau qui l´initie à l´art des armes. Elle trouve un réconfort maternel auprès de Mélinda, châtelaine du comté d´Antan, tandis qu´Hamelin, le mage du château, sage et érudit, partage avec elle tout son savoir. Suivant les traces de son père, Aila, âgée de 16 ans aujourd´hui, est devenue une prodigieuse combattante qui excelle au maniement du kenda, un bâton de combat aux propriétés peu conventionnelles.
L´heure est grave : le peuple Hagan attaque sporadiquement le royaume, miné par la misère et la trahison, tandis que d´autres pays frontaliers le convoitent. Le roi Sérain d´Avotour crée une garde d´élite au sein de laquelle Aila gagne sa place. Il confie comme mission à ses membres de se lancer sur la piste de leurs ennemis.

Le résumé de ce livre de fantasy jeunesse m’avait paru alléchant, et je remercie Catherine Boullery de m’avoir proposé et fait parvenir son roman. J’ai donc eu l’occasion de faire connaissance avec Aila, mais malheureusement, cela ne s’est pas passé aussi bien que prévu.

Tout d’abord, Aila elle-même ne m’a pas vraiment plu. Qu’elle ait développé, à cause de la perte de sa mère et du rejet de son père, un caractère très fort, et une langue bien pendue, cela donne à mes yeux un certain intérêt au personnage. Mais qu’une adolescente de 16 ans maîtrise à la fois le combat, les langues étrangères, l’art de guérir, et, dans une certaine mesure, la magie, je trouve que ça fait beaucoup, et que ce n’est pas très crédible. Le pire étant lorsqu’elle décide de donner des leçons de gouvernement à son roi, qu’elle explose pour un rien et insulte tout le monde sans que cela ait de conséquence, qu’elle devine tout, tout de suite, grâce, bien sûr, à son incroyable capacité de déduction, ou encore qu’elle risque sa vie sans avoir l’air de réfléchir, ou d’éprouver la moindre peur. Bref, c’est peut-être un peu trop pour une adolescente, même mûrie avant l’heure.

Parmi les autres personnages, certains ne manquent pas d’intérêt. J’ai notamment beaucoup apprécié la désinvolture et l’humour de Pardon. Malheureusement on le voit assez peu, et c’est une impression récurrente que m’a laissé ce roman : certains personnages sont évoqués, certains rebondissements ébauchés, le tout laissant entrevoir d’intéressantes possibilités scénaristiques… qui au final ne mènent nulle part car le personnage ne réapparaît pas, ou que le problème est résolu en quelques lignes.

De fait, l’action reste assez simple, les événements s’enchaînent sans que je sois parvenue à leur donner une place dans une intrigue plus complexe. On assiste, de façon très linéaire, au quotidien d’Aïla, à son évolution au cours de ses missions, et si le tout n’est pas inintéressant, j’ai trouvé que l’ensemble comportait beaucoup de longueurs, et, généralement, manquait d’un fil conducteur qui aurait permis d’induire une certaine tension, un rythme, bref, quelque chose qui « accroche » le lecteur et l’incite à poursuivre sa lecture. Même la fin, malgré un événement des plus prometteurs, m’a semblée brouillonne, et ne m’a pas donné envie de lire la suite.

Le monde dans lequel se déroule l’histoire est assez plaisant, l’idée de la cohabitation des fées et des humains, du kenda, bâton magique qui a un lien particulier avec le combattant qui l’utilise et les problèmes politiques laissant beaucoup de possibilités à l’auteure pour développer son intrigue.
Malheureusement, il est difficile de s’y immerger, car il y a très peu de descriptions permettant de se représenter l’environnement d’Aila. Les personnages eux-mêmes ne sont décrits que très sommairement, et certains, comme les princes, m’ont paru quasiment interchangeables. Par contre, on découvre à plusieurs reprises les tenues (notamment les magnifiques robes) de l’héroïne, et là, pas question de continuer la lecture sans avoir eu le détail de ce que portait Aila !

Le dernier reproche que je peux faire à ce livre est lié à l’écriture. Je ne sais pas s’il s’agit d’erreurs de syntaxe, de confusion entre certains mots, ou de phrases trop tarabiscotées, mais parfois, j’ai vraiment eu du mal à voir où l’auteure voulait en venir. Il y a parfois des pléonasmes (comme « observer quelqu’un des yeux »), ou des répétitions un peu maladroites. Enfin, les dialogues, comme le reste du roman, manquent de dynamisme, et alternent parfois à chaque réplique entre une langue plutôt parlée, puis un langage plus soutenu et mondain, ce qui rend le tout assez confus.

En bref, je conseillerais éventuellement ce roman, avec son intrigue simple et son univers magique à de jeunes lecteurs, mais je doute qu’il puisse plaire à des personnes plus âgées. Pour ma part en tout cas, le manque de crédibilité du personnage principal, l’absence de profondeur des autres protagonistes, ainsi que le manque de structure et de rythme de l’intrigue n’ont pas joué en la faveur de ce livre.

Si je devais donner une note: 3,5/10
Marmotte n’a pas du tout accroché!

Ce livre a été lu dans le cadre du Challenge Fantasy sous un Chêne.

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3 réponses à “Grignotage n°209: Aila et la magie des fées, Catherine Boullery

  1. Je dois aussi le lire et j’espère ne pas ressentir les même choses que toi. Mais bon là ça ma fait un peu reculer quand même.

  2. Ah ben tu vois, le résumé me plaisait bien mais ton avis me refroidit totalement. Si on ne peut pas s’attacher à l’héroine, la lecture doit être très difficile :/ Dommage !

    Bizoo Marmotte !

  3. A 36 ans, est-on encore une « jeune lectrice »? Sans doute un peu puisque pour ma part, je me suis laissée entraînée facilement dans l’univers irréel « d’Aïla », sa galerie de personnages et son intrigue à rebondissements. Bref, je l’avoue sans honte, j’ai vraiment bien aimé ce livre!

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