Grignotage n°201: Pauline, Alexandre Dumas

Quel est le secret que cache Pauline? Pourquoi fuit-elle le regard d’autrui? Quel drame creuse son visage et altère son teint ?
 » Personne n’ignore par expérience que le danger inconnu est mille fois plus saisissant et plus terrible que le péril visible et matérialisé « , confie Pauline.
En épousant le comte Horace de Beuzeval, un homme diabolique, la jeune femme a signé son arrêt de mort : chaque jour est devenu synonyme d’angoisse et d’effroi…

Il s’agit d’un des premiers romans de Dumas, et certains thèmes ne sont pas sans rappeler ses productions suivantes, notamment le Comte de Monte-Cristo. On retrouve en effet le même mélange de romance, de personnages souvent extrêmes dans leurs sentiments et leurs décisions, et d’aventures riches en rebondissements. On sent également l’intérêt de l’auteur pour l’Orient,  notamment lors d’un récit de voyage en Inde.  S’ajoute à cela une atmosphère sombre, à base de ruines gothiques, de cachots et de demoiselles en détresse, et une certaine fibre romantique dans les descriptions des paysages, notamment à la fin du roman, qui se clôt sur quelques pages vibrantes et poétiques.

La narration, que j’ai trouvée un peu confuse en début, est mieux maîtrisée par la suite. Elle s’effectue par la voix de trois personnages : Alexandre Dumas en personne, qui recueille le récit d’Alfred de Nerval, le héros de l’histoire, lui-même dialoguant avec Pauline. On s’attache beaucoup à celle-ci malgré ses évanouissements répétés. Elle évolue en effet beaucoup au cours du récit, montrant une grande force morale malgré les épreuves qui l’ont fragilisée. Présentée du point de vue d’Alfred de Nerval, et forcément idéalisée,  elle apparaît comme une fée ou une déesse.

Par contre Alfred de Nerval lui-même m’a moins intéressé, car il correspond en tous points à l’archétype du jeune homme noble et riche, prêt à tout pour protéger l’honneur de celle qu’il aime, maîtrisant parfaitement les subtilités de la haute société comme du duel. Un beau personnage, mais dont le rôle est souvent réduit à celui de narrateur et de spectateur. Ce sont pourtant ses sentiments et ses descriptions de Pauline qui donnent une dimension touchante au récit. Le comte Horace de Beuzeval est quant à lui un personnage marquant, l’archétype du méchant charismatique, au charme vénéneux, qui vit selon ses propres règles, différentes de celles de ses contemporains.

Pauline est un roman à l’intrigue prenante, qui se lit très vite. Cette belle aventure est servie par une plume à la fois efficace et ample, une bonne maîtrise de la tension dramatique et une grande variété de tons et de situations grâce aux récits enchâssés. Encore une fois, un roman de Dumas qui m’a beaucoup plu!

Si je devais donner une note : 9/10

Ce livre a été lu dans le cadre de Classiques au Coin du Feu.

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Une réponse à “Grignotage n°201: Pauline, Alexandre Dumas

  1. J’ai très envie de le lire!! =)

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