Grignotage n°187: L’enfant de la délivrance, Cyndie Soue

Je vous avais annoncé il y a quelques temps que je faisais partie du Jury du Coup de Coeur 2012 pour auteurs peu médiatisés, sur une initiative de Petitebelge66. J’ai lu le premier des cinq livres nominés la semaine dernière , et avant de vous donner mon avis, voici la couverture et le résumé!

Couverture L'enfant de la délivranceC’est en fouillant un jour dans les affaires de son père adoptif que Juliette découvre son métier : il est tueur professionnel. Un choix évident lui vient alors à l’esprit, celui de faire le même travail. Mais lors de ses nombreuses missions, cette jeune fille va découvrir que certaines histoires qui paraissent invraisemblables ne sont pas que des légendes. Entre des vampires et des loups-garous, Juliette va vite comprendre qu’il n’y a pas que des humains sur terre, surtout lorsqu’elle rencontre le tout premier vampire, un homme peut-être prétentieux, mais d’une beauté à couper le souffle.

Juliette décide donc, après sa découverte, de suivre les traces de son père. Elle devient tueuse professionnelle. Le premier tiers du livre est donc composé d’une succession de missions simplistes, que la jeune femme accomplit un peu comme si elle allait faire ses courses: les scènes de combat ne sont absolument pas crédibles (apparemment, Juliette est capable d’arracher le coeur de 10 personnes très rapidement, à mains nues, sans tâcher sa robe de soirée ultra-moulante. J’admire!). Entre deux missions, on assiste aux ébats de Juliette avec le premier homme qui passe puisqu’elle est incapable de supporter 48 h d’abstinence. Bref, zéro émotion, zéro suspense, et beaucoup de cours d’anatomie, le tout ponctué de fautes, de mots mal choisis, de phrases qui ne veulent rien dire.

Le deuxième tiers du livre voit apparaître un soupçon d’intrigue parmi les combats et les galipettes de l’héroine, mais le tout reste quand même très confus, notamment parce que des événements importants sont expliqués en deux lignes, comme par exemple la mort de certains personnages principaux, ou des décisions qui vont changer la vie de Juliette. Bref, les évènements s’enchaînent trop vite pour générer la moindre tension, et j’ai donc suivi l’histoire avec un intérêt minimal.

La dernière partie du roman met en scène une autre héroïne, Charlène, et là, j’ai trouvé qu’il y avait une nette amélioration! Contrairement à Juliette, Charlène a une personnalité  assez attachante, elle n’est pas parfaite, ce qui lui fait gagner un peu de profondeur. L’intrigue prend enfin un tour plus intéressant, même si l’auteure nous gratifie quand même de quelques scènes osées, pour faire bonne mesure. N’empêche, il y a  enfin un vrai commencement d’histoire dans cette partie, et même quelques idées vraiment sympathiques. Le style semble même s’améliorer un peu (mais le texte reste quand même bourré de fautes), et comme l’intrigue, il gagne en dynamisme. Il aurait presque fallu conserver uniquement cette partie du roman, et créer une intrigue à partir de là, car je n’ai pas vraiment vu l’intérêt de mettre en scène Juliette aussi longuement, alors que toute l’histoire repose sur les actes de Charlène.

Après avoir fini ce livre, je n’ai pu m’empêcher de m’interroger. L’enfant de la délivrance a été édité aux Editions Sharon Kena. On pourrait donc s’attendre à ce qu’il y ait eu un vrai travail d’édition effectué sur ce texte. Comment se fait-il alors que ce roman comporte quasiment une faute par phrase? Que l’auteure laisse des fautes dans son texte, on peut s’y attendre, mais que personne ne prenne la peine de les corriger, je ne comprends vraiment pas! D’ailleurs, lorsqu’on va sur le site de la maison d’édition, on se rend compte que même l’interface et les descriptions des livres sont pleines de fautes, de coquilles, et de problèmes de syntaxe. Apparemment, c’est une sorte de marque de fabrique…

Il est donc vraiment dommage que ce livre, indépendamment des défauts de style et d’intrigue que j’ai pu lui trouver (mais qui relèvent en partie du domaine de la subjectivité), n’ait pas bénéficié d’un travail d’édition soigné. Celui-ci aurait permis, non seulement de corriger les nombreuses fautes, mais aussi d’apporter quelques améliorations dans la structure du récit, afin de mettre en valeur certaines bonnes idées de l’auteure tout en rendant l’intrigue plus dynamique.

Merci tout de même à Cyndie Soue de m’avoir fait parvenir son roman, j’espère qu’elle aura l’occasion d’être publiée chez un éditeur qui saura davantage mettre en valeur son travail.

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11 réponses à “Grignotage n°187: L’enfant de la délivrance, Cyndie Soue

  1. Ce n’est pas la première fois que j’entends des critiques sur les coquilles de cette maison d’édition. J’avoue que je ne comprends pas non plus :/.

  2. On en a parlé samedi, mais en effet, c’est vraiment dommage que l’auteur n’ait pas été plus accompagnée dans son travail…

  3. Malheureusement, là c’est plus que des coquilles, sur 280 pages j’ai repéré à peu près 60 fautes, et encore, je n’ai relevé que les plus évidentes!

  4. j’avoue être passé à côté de ce roman moi aussi. Certaines idées sont bonnes, mais mal exploitées, et puis ces fautes ! Comme toi, je trouve décevant qu’une maison d’édition n’accorde pas plus de temps à la relecture des oeuvres qu’elle publie …

  5. Même chose … Je n’ai pas réussi à accrocher à cette histoire. Peut-être qu’il n’y a même pas de relecture dans cette maison d’édition :S

  6. La première partie est assez insipide. Les coucheries de Juliette m’ont véritablement énervé et n’apportait rien à l’histoire. J’ai également préféré la partie consacrée à Charlène qui était bien plus intéressante mais qui aurait mérité de plus amples développements ou, comme tu le suggères, constituer le début de l’histoire.

  7. Coucou,
    Apparament notre avis est assez concordant!
    Super article tout de même

  8. Bonsoir,

    Bon, ça me fait un peu peur cette histoire de fautes, je ne pensais pas en avoir autant laisser. C’est décidé, je le recorrigerai, c’est juste dommage que je le fasse que maintenant.
    En tout cas, merci pour l’avis très construit, et à très bientôt j’espère,

    Cyndie Soue.

    • Bonsoir Cyndie, merci d’être passée ici, et de m’avoir donné l’occasion de lire L’enfant de la délivrance! Bon courage pour les corrections, j’espère avoir l’occasion de vous lire à nouveau!
      A bientôt!

  9. Pingback: L’Enfant de la délivrance de Cyndie Soue | Les chroniques de l'accro aux livres

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