Grignotage n°182: Histoire des Treize : Ferragus, La duchesse de Langeais, La fille aux yeux d’or, Honoré de Balzac

Couverture Histoire des treize, Ferragus, La Duchesse de Langeais, La Fille aux yeux d'orJe n’ai pas lu les trois courts romans qui composent l’Histoire des Treize dans l’ordre. Chacun d’eux peut d’ailleurs se lire séparément sans problème de compréhension, puisque le lien entre les différentes intrigues n’est établi que par la présence de quelques personnages.

Dans Ferragus, Balzac met en scène un couple très uni, dont l’amour est envié par toutes leur connaissance, jusqu’au jour où un admirateur de l’épouse en vient à la soupçonner d’adultère, et mènera une enquête qui se résoudra de façon tragique.

La Duchesse de Langeais raconte l’histoire d’une jeune aristocrate qui, s’amusant à séduire un homme qui tombera éperdument amoureux d’elle, finira par être prise à son propre piège, et prisonnière des conventions sociales, devra s’enfermer dans un couvent.

Dans La fille aux yeux d’or, Henri de Marsay est fasciné par une jeune femme rencontrée par hasard, et va tout faire pour la conquérir. Mais la jeune femme est jalousement gardée dans un mystérieux hôtel particulier, et sa loyauté semble partagée.

Dans ces trois romans, l’auteur explore le sentiment amoureux dans des situations qu’il juge assez exceptionnelles:  un amour très pur et constant au sein d’un couple marié,  la naissance du sentiment amoureux chez une manipulatrice coquette et froide, ou encore une passion sulfureuse entre deux jeunes gens.

Il mêle également, au gré de ses intrigues assez simples, mais qui révèlent efficacement toute la profondeur des sentiments de ses personnages, plusieurs registres narratifs. On retrouve en effet dans cette trilogie les codes du roman réaliste, du roman d’aventure, de l’étude sociologique, et même un soupçon de fantastique, avec les mystérieux pouvoirs des Treize, une influente société secrète sur laquelle l’auteur ne nous révèle au final que fort peu d’informations.

Ma lecture de Ferragus, sans être ennuyeuse, ne m’a pas forcément beaucoup marquée, principalement parce que les personnages, bien qu’intéressants et bien décrits, ne m’ont pas forcément interpellée. L’épouse vertueuse, le mari follement amoureux, m’ont paru très lisses en comparaison ds protagonistes des deux autres romans.

J’ai par contre beaucoup apprécié La fille aux yeux d’or, qui comporte de magnifiques descriptions de riches décors orientaux et la sensualité évoquée qui m’ont rappelé le personnage de Haydée dans Le Comte de Monte-Cristo, ou encore ma lecture d’Avatar de Théophile Gautier. Les thèmes traités, notamment les amours saphiques,  sont assez audacieux pour l’époque et la fin est surprenante pour sa dimension dramatique et violente, même si l’action est parfois un peu confuse.

Dans un registre plus calme, même si les passions évoquées sont aussi intenses, j’ai bien aimé ma lecture de la Duchesse de Langeais. L’apparition à contre-temps du sentiment amoureux chez les deux personnages principaux, et ses conséquences tragiques, n’est pas sans rappeler les retournements de situations propres aux pièces classiques. De plus, alors que le début du roman décrit surtout les activités quotidiennes de la duchesse de Langeais (bals et fêtes, conversations de salon) et la façon dont elle séduit Montriveau, le dernier tiers du livre comporte davantage d’action, sans pour autant perdre de vue la dimension psychologique de l’intrigue, et cette variété m’a beaucoup plu.

J’ai aimé replonger dans La Comédie Humaine avec ces trois petits livres, un très bon moyen de découvrir Balzac, à condition d’apprécier (ou de passer) les descriptions sociologiques, intéressantes sur un plan historique, mais un peu longues lorsqu’elles font référence à des personnages ou à des faits qui, s’ils évoquaient sûrement quelque chose pour les contemporains, paraissent aujourd’hui un peu obscurs…

Si je devais donner une note: 7,5/10

Du même auteur:
Eugénie Grandet 

Ces trois livres ont été lus dans le cadre du challenge Classiques au Coin du Feu.

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3 réponses à “Grignotage n°182: Histoire des Treize : Ferragus, La duchesse de Langeais, La fille aux yeux d’or, Honoré de Balzac

  1. J’ai longtemps donné un extrait de la fille aux yeux d’or (celui où il y a tant de sang sur les murs blancs…) et j’ai fait des adeptes à chaque fois. Mes étudiants étaient toujours surpris de découvrir ce genre de scène chez un auteur qu’ils pensaient plus sage.

  2. 3 courts livres avec des descriptions longues :p Ca sent bien le Balzac, un auteur qui fait partie de mes objectifs relecture-traumatisme. Pourquoi pas par ce petit livre?

  3. J’ai adoré les deux derniers… Je suis une grande fan de Balzac, j’aime la façon dont il parle de la femme!

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