Archives quotidiennes : 19/01/2012

Grignotage n°180: Par-delà l’océan, Nicolas B.Wulf

Nickolah Dothiriel porte un lourd héritage; être le fils de Filhip Dothiriel, le Fléau des Dix Océans, l’un des pirates le plus connu et le plus respecté. Las des quolibets dont il est la victime, Nickolah finit par accepter le commandement du navire de son père, la Dalvénia, pour partir à la recherche d’un corsaire à la solde du royaume Hyspan. À ses côtés, des pirates chevronnés, un jeune mousse plein d’entrain, un étranger sorcier vaudou. Effrayé par l’idée d’une mutinerie, inconscient de la magie qui imprègne le monde dans lequel il vit, Nickolah ignore encore jusqu’où le portera son voyage.

Car, par-delà l’océan, c’est un héritage bien plus ancien et bien plus étrange qui attend le jeune capitaine.

Tout d’abord merci à Numeriklivre et à Delphine pour ce partenariat!

Par-delà l’océan se lit très rapidement, et c’est à mon avis son principal défaut. Le récit, trop rapide, aurait mérité qu’on s’arrête davantage sur beaucoup d’évènements, de détails, de descriptions.

Le voyage initiatique de Nickolah, même s’il comporte beaucoup d’éléments assez classiques, est plutôt intéressant, mais le héros se tire trop souvent de grands périls en quelques lignes, tours de passe-passe et déferlements de magie à l’appui. De même, alors qu’au début du livre, le jeune Dothiriel nous est présenté comme un gamin timide qui refuse de prendre la mer, et n’est pas à la hauteur de la réputation de son défunt père, vingt pages plus tard, le voilà excellent meneur d’hommes dotés de pouvoirs exceptionnels! C’est dommage, car je trouvais la perspective d’un protagoniste pas trop dégourdi et terrifié à l’idée de commander un équipage plus intéressante que celle d’un personnage principal au final assez classique.

J’ai trouvé que l’intrigue de ce roman comportait trop de raccourcis et de facilités, ce qui engendre une certaine confusion, car des noms de lieux, de personnages, apparaissent brutalement dans le récit sans qu’on sache vraiment ce qu’ils y ont à faire et les situations s’enchaînent trop rapidement pour qu’on ait le temps de clairement voir le lien entre elles, d’autant que la quête de Nickolah change à plusieurs reprises au cours de l’histoire: d’abord il veut tuer un corsaire, puis il cherche le pays où se sont réfugiés les Disparus, et finalement, il change d’avis et la fin du livre le voit se lancer dans une nouvelle aventure… Bref, très changeant, ce jeune homme, et personnellement, j’ai eu un peu de mal à le suivre dans tous ses déplacements!

Malgré ces faiblesses au niveau de l’intrigue et de la narration, j’ai beaucoup apprécié le style d’écriture de Nicolas B.Wulf. Le roman est en effet bien écrit, et on sent que l’auteur maîtrise très bien le vocabulaire maritime. De même, lorsqu’il prend le temps de faire quelques descriptions, celles-ci sont très visuelles, avec un vocabulaire riche, et on découvre avec plaisir les différentes cultures des peuples que rencontre le héros, même si, comme dit au-dessus, je suis restée  sur ma faim: le monde créé par l’auteur paraît vaste et intéressant, mais les informations données au lecteur sont très (trop!) rares!

En bref, une jolie plume, une bonne idée de départ, un univers riche qui mériterait d’être exploré, mais un traitement de l’intrigue trop confus! L’histoire part un peu dans tous les sens, mais ne prend pas le temps d’exploiter vraiment les différentes péripéties et leur potentiel narratif, ni d’entrer dans les détails, ce que j’ai trouvé vraiment frustrant. J’ai presque eu l’impression de lire un synopsis plutôt qu’un roman en bonne et due forme, et c’est vraiment dommage. Cependant, si j’en ai la possibilité, je lirais volontiers un autre livre de cet auteur (une suite des aventures de Nickolah), peut-être dans un format qui permettrait davantage de développements?!

Si je devais donner une note: 5/10

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