Grignotage n° 166: Un long dimanche de fiançailles, Sébastien Japrisot

Couverture Un long dimanche de fiançailles« Cinq soldats français condamnés à mort en conseil de guerre, aux bras liés dans le dos. Cinq soldats qu’on a jetés dans la neige de Picardie, un soir de janvier 1917, devant la tranchée ennemie, pour qu’on les tue. Toute une nuit et tout un jour, ils ont tenté de survivre. Le plus jeune était un Bleuet, il n’avait pas vingt ans. À l’autre bout de la France, la paix venue, Mathilde veut savoir la vérité sur cette ignominie. Elle a vingt ans elle aussi, elle est plus désarmée que quiconque, mais elle aimait le Bleuet d’un amour à l’épreuve de tout, elle va se battre pour le retrouver, mort ou vivant, dans le labyrinthe où elle l’a perdu. Tout au long de ce qu’on appellera plus tard les années folles, quand le jazz aura couvert le roulement des tambours, ses recherches seront ses fiançailles. Mathilde y sacrifiera ses jours, et malgré le temps, malgré les mensonges, elle ira jusqu’au bout de l’espoir insensé qui la porte. »

J’ai beaucoup aimé ce roman. Mathilde est un personnage très fort , avec une personnalité complexe révélée au détour de répliques mordantes ou douce-amères. Son amour pour son fiancé disparu est très touchant, et j’ai été impressionnée par sa volonté inflexible. Les personnages secondaires qui gravitent autour d’elle sont aussi très attachants, et apportent une touche de fantaisie à un récit qui aurait pu souffrir d’une atmosphère trop grave ou austère.

On suit les recherches de Mathilde, notamment au travers de nombreuses lettres qui laissent à chaque fois entrevoir la personnalité et les conditions de vie de leur expéditeur. Elles donnent ainsi un aperçu de ce qu’a été la Grande Guerre, et comment elle a bouleversé la vie de tous les personnages dont on apprend l’histoire au cours du récit.

L’histoire du roman  s’étend sur plusieurs années, mais le lecteur ne voit pas le temps passer, car chaque scène apporte des éléments nouveaux, grâce à une intrigue très bien maîtrisée. Alors que Mathilde passe par plusieurs phases de découragement et d’espoir, l’auteur sait éviter les redites, et maintient l’attention du lecteur grâce à une plume inventive, qui sonne toujours très  juste.

J’ai été un peu déconcertée par la fin très ambiguë, mais à la réflexion elle correspond assez bien à l’atmosphère générale du livre, teinté d’une certaine légèreté, mais dont l’auteur dépeint les sentiments des personnages avec beaucoup de justesse.

Je vous conseille vivement ce roman si vous ne l’avez pas lu!

Si je devais donner une note: 9/10

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2 réponses à “Grignotage n° 166: Un long dimanche de fiançailles, Sébastien Japrisot

  1. Je suis contente que tu ais apprécié! Tu m’as vraiment donnée envie de me plonger dans ce roman, à travers ton commentaire. Allez hop! Dans ma wish =D

  2. J’ai beaucoup aimé aussi même si le style assez brouillon m’a un peu dérangé au départ…

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