*L’OVNI du mois de Novembre* Britannicus, Jean Racine

Impatiente de commencer le challenge Classiques au coin du feu, j’ai pu en avoir un avant-goût en relisant une pièce que j’avais étudiée en prépa, et que je me souvenais avoir apprécié, même si ce n’est pas ma préférée de cet auteur.

Mon choix est notamment du à ma lecture récente de Maman je veux pas être empereur, de Françoise Xénakis, et à la représentation à l’opéra Agrippine, de Haendel, à laquelle j’ai assisté il y a quelques semaines. J’ai donc décidé de continuer sur ma lancée et d’explorer une nouvelle version de l’histoire de Néron et d’Agrippine, cette fois-ci grâce à la pièce de Racine.

J’ai eu la chance de tomber sur une édition numérique  qui contenait les deux préfaces écrites par Racine. Il est intéressant de voir quels arguments l’auteur a utilisés, accompagnés d’une certaine dose de cynisme,  pour défendre sa pièce.

Au niveau de l’intrigue, peu de personnages, mais beaucoup de tours et de détours psychologiques: Britannicus, soutenu par Agrippine, qui, voyant Néron lui échapper, tente de se concilier son demi-frère,  est amoureux de Junie. Néron, jaloux, décide de la lui enlever. Divers confidents, Narcisse, Pallas, et Burrhus, sont les témoins et parfois les instigateurs des actions des puissants.

En règle générale, les personnages évoluent assez peu. Britannicus est jeune, terriblement naïf (niais?), Junie est innocente et lucide, Agrippine prête à tout pour conserver son pouvoir. Le seul protagoniste qui évolue de façon notable est Néron, et il est intéressant de constater sa transformation au détour d’une phrase, ou d’un simple mot habilement glissé dans une tirade. La langue de Racine est évidemment très belle (c’est Racine!), et malgré le classicisme des alexandrins, j’ai été étonnée par l’inventivité et l’expressivité de certains vers.

Néron passe, par degrés, et à mesure qu’il rencontre une opposition de plus en plus forte, de l’adolescent capricieux au tyran sanguinaire et capable de manipuler son monde pour parvenir à ses fins. Le rôle de Narcisse, qui lui tient lieu d’âme damnée, est également intéressant, car c’est lui qui est à l’origine du retournement de situation final.

D’ailleurs, il s’agit d’une tragédie assez peu « sanglante » (c’est à dire qu’on évite la longue succession de suicides à la fin. Petit point négatif:  alors que la tension, bien que modérée, est assez bien gérée, surtout dans le quatrième et cinquième acte de la pièce, les derniers vers m’ont semblé tomber à plat, et affadir la fin.

Si je devais donner une note: 8/10

Publicités

4 réponses à “*L’OVNI du mois de Novembre* Britannicus, Jean Racine

  1. Gott! Que de points communs! J’ai Britannicus dans la PaL ( parce que je l’avais jamais fini quand on l’a étudié en seconde…), je suis en Hypokhâgne et on a aussi étudié du Racine et j’ai acheté Maman, je veux pas être empereur le semaine derniere xD Ton avis m’a donné envie de sortir cette pièce rapidement de ma pile!! merci! 😀

  2. Oh, une germaniste? ^^
    Pour moi cette pièce faisait partie de mon programme de spécialité lettres modernes en khâgne et j’avais vraiment gardé un bon souvenir de ce cours et de cette lecture^^ J’espère que tu l’apprécieras autant que moi! Il m’arrive souvent de relire des livres que je n’avais pas fini quelques années auparavant, et souvent ce sont de bonnes surprises! A bientôt!

  3. Papa-Marmotte

    euh, marmotte devrait relire son article sur Britannicus: son doigt a failli plusieurs fois sur le clavier.
    8 sur 10: Racine serait surcôté?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s