Grignotage n°151 : Symfonia : Ouverture, Manon Toulemont

Couverture Symfonia : OuvertureUn soir, en plein Paris, Pacôme, le vampire éleveur de serpent, va croiser le chemin de la très sensible Olympe, qui le surprend au milieu d’un meurtre. Grâce au témoignage de la jeune fille, ce crime ne passera pas inaperçu, et Ange, un artiste aux goûts un peu spéciaux, se réjouira de ne plus être le seul prédateur de la capitale, d’autant que ce n’est pas lui que la police pourchasse!
Pacôme devra composer avec la crise d’adolescence de sa petite soeur Alice, elle aussi atteinte de pulsions sadiques, et faire chanter Joseph, un jeune étudiant médium, qui l’a démasqué, tout en essayant d’échapper aux autorités…

En me plongeant dans ce livre, la première chose qui m’a intriguée est le style d’écriture de Manon Toulemont. Grâce à un vocabulaire d’une très grande richesse, l’auteure nous décrit, de façon parfois un peu ampoulée, mais toujours avec une précision quasiment chirurgicale, la ville de Paris, et les agissements de créatures nocturnes et fantastiques ignorées des autres habitants.

Ce style très particulier se retrouve également dans la caractérisation des différents personnages, aux noms plus ou moins improbables. Tous ont des réactions brutales, quasiment caricaturales. Leurs interactions sont souvent explosives, à la limite de la crédibilité, mais toujours très vives, voire violentes.

Les dialogues, qui reprennent à leurs comptes pas mal de clichés,  sont souvent l’occasion d’explications à l’intention du lecteur, et manquent de naturel. L’hésitation constante entre différents registres de langue, si elle est parfois dérangeante, ne ralentit en rien le déroulement de l’action. Toutes ces caractéristiques stylistiques, si elles peuvent déstabiliser le lecteur, ne sont pas toutes, je pense, de vrais défauts, mais plutôt les spécificités d’un univers et d’une écriture très personnels.

La narration, malgré quelques longueurs, est menée à vive allure. Le changement régulier de point de vue amène une certaine variété, et j’ai particulièrement apprécié les descriptions psychologiques des deux prédateurs, Pacôme et Ange, que je me suis surprise à trouver tantôt sympathiques (surtout Pacôme), tantôt intrigants et effrayants (surtout Ange), tant leurs personnalités sont complexes.

Une fois que j’ai renoncé à essayer de voir où l’intrigue me menait, j’ai vraiment apprécié de suivre le chassé-croisé des différents personnages, même si certains, comme Olympe ou Joseph, sont assez souvent éclipsés au profit des prédateurs. On sent bien que ce tome, qui porte à juste titre son nom d’ « Ouverture », est un prélude qui permet à l’auteure de présenter et de rassembler tous ses personnages, avant de se diriger vers des lieux et une action très différents.

La fin, et l’explication du titre Symfonia, arrivent assez brusquement après cette longue suite de péripéties durant lesquelles on apprend principalement à connaître les personnages. Le lecteur n’obtient d’ailleurs pas  beaucoup d’informations sur le reste (intrigue, univers…), et reste plutôt dans l’expectative: difficile de savoir ce que réserve le tome 2!

Merci beaucoup aux Editions du Rocher et à Livraddict pour cette découverte étonnante mais sympathique! Je suivrai certainement l’évolution de cette série!

Si je devais donner une note: 7/10.

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9 réponses à “Grignotage n°151 : Symfonia : Ouverture, Manon Toulemont

  1. Ça m’a l’air intéressant, même si assez proche du souvenir que j’ai d’Entretien avec un vampire… je m’étais juré de ne plus rien lire sur les vampires avant que la fièvre Twilight se soit calmée, mais tu me donnes envie de faire une exception ^^

    • Marrant, parce que ça n’a pas grand chose à voir avec Anne Rice, de mon point de vue, sur le plan stylistique comme pour l’intrigue, (d’autant qu’il y a, certes, des vampires, mais aussi plein d’autres trucs qui chassent les humains^^). C’est aussi très différent de la bit-lit… Niveau intrigue y’a une pincée d’X-Men et une cuillerée d’Harry Potter, mais c’est vraiment très léger… Bref c’est vraiment un univers très à part!

      • Peut-être pas sur le plan stylistique (que je ne peux pas juger, ne l’ayant pas encore lu ^^), mais c’est cette vision baroque du vampire qui me rappelle Anne Rice. A vérifier si je mets un jour la main dessus, mais ça me fait de plus en plus envie.

      • Je peux éventuellement te l’envoyer, une fois que Mister Marmotte l’aura lu ^^

      • Eh bien, si tu me le proposes… je ne serais pas contre 😛

      • Ok, pas de souci, je dois avoir tes coordonnées postales somewhere, je te l’envoie dès que Mister Marmotte l’a fini 😀

  2. Moi ça me rappelle Anne Rice, bizarrement. Pas dans le style, ni le thème, ni la manière de décrire les scènes, ni rien de tout ça. C’est plus un ressenti. Je suis autant angoissée (positivement) en lisant Symfonia que je l’ai été pour La Reine des Damnés. Le personnage de Jesse, notamment, me fait un peu pensée à Olympe de Symfonia, très légèrement, je l’accorde, mais quand même ! ^^

    • Je n’ai pas vraiment ressenti d’angoisse (alors qu’avec Anne Rice, si :p), c’est peut-être pour ça que je ne fais pas le lien… et Olympe n’est vraiment pas le personnage qui m’a marquée, j’ai trouvé qu’on ne la voyait pas assez!

  3. Pingback: Symfonia, Manon Toulemont | Les Bouquinautes - bêta

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