Archives quotidiennes : 01/11/2011

* Mister Marmotte a dit * Légende, David Gemmell

Bonjour tout le monde!

Aujourd’hui, j’inaugure une nouvelle rubrique, qui permettra à  certains heureux élus (des amis à qui je ne fais pas encore trop peur!) de vous parler eux-mêmes de leurs lectures!

On commence donc avec une chronique rédigée par Mister Marmotte, alias Red B., qui m’a demandé de faire appel à votre indulgence… sauf, que, comme vous le verrez en lisant sa chronique, je doute qu’il en ait vraiment besoin. Je lui laisse donc la parole… Bonne lecture!

Quatrième de couv’:
Druss est une légende. Ses exploits sont connus de tous. Mais il a choisi de vivre retiré loin des hommes, au sommet d’une montagne. Là, il attend son ennemi de toujours : la mort. Dros Delnoch est une forteresse. C’est le seul endroit par lequel une armée peut traverser les montagnes. Protégée par six remparts, elle était la place forte de l’empire drenaï. C’est maintenant le dernier bastion, car tous les autres sont tombés devant l’envahisseur nadir. Et le vieux guerrier est son seul espoir.

« Le Comte et la Légende seront ensemble sur le mur. Et les hommes rêveront, et les hommes mourront, mais la forteresse, tombera-t-elle ? »

Une forteresse à défendre, un héros fatigué, des ennemis cinquante fois plus nombreux, une histoire d’amour pour lier la sauce… voici les principaux ingrédients de « Légende ». Ce sont des éléments pour le moins classiques dans ce style littéraire.

Alors comment expliquer que ce roman, paru en 1984, ait à lui seul propulsé son auteur au rang de « maître de l’heroic fantasy » outre-manche ?

« Légende » est le premier roman de David Gemmell, celui qui a lui seul, lui a bâti une réputation en tant qu’écrivain. Et, ayant lu une proportion non négligeable de ses œuvres (tant dans le cycle Drenaï, que les romans « indépendants », ainsi qu’une partie du cycle du Lion de Macédoine), je considère que c’est le meilleur. Dans ce livre, l’auteur a jeté tous les éléments qui ont fait son succès, insufflé ce qu’il avait de meilleur. Ses romans suivants, pour excellents qu’ils soient, n’en restent pas moins des reprises de choses déjà utilisées dans « Légende ».
On ne saurait parler de ce roman sans s’arrêter un moment sur le Héros : Druss.

Initialement fermier, il est devenu un guerrier le jour où des esclavagistes ont enlevé sa femme. S’armant alors d’une hache légendaire héritée de son grand-père, Bardan le Tueur, il parcourt alors le monde, ayant toujours un temps de retard sur les tribulations de son épouse, jusqu’à enfin la retrouver, 7 ans après son enlèvement.
Entre temps, le robuste et taciturne fermier qu’il était est devenu un guerrier implacable, qu’aucun défi n’effraie, et qui ignore la défaite et méprise la faiblesse. Ayant pris goût à la défense des causes justes et désespérées (ce serait terriblement moins rigolo sinon) il continue à combattre à travers le monde, jusqu’à la Passe de Skeln, qui forge définitivement sa réputation de guerrier indomptable.

Au début de « Légende », Druss a atteint la soixantaine, et son épouse est décédée depuis déjà une bonne trentaine d’année. Après avoir passé sa vie à se battre, le vieux héros n’aspire plus qu’au repos dans sa modeste chaumière, sur sa montagne. Ses exploits sont derrière lui, et la plupart de ses contemporains le croient mort.
Alors quand il reçoit une lettre du Comte, Seigneur de Dros Delnoch, Druss hésite. Un vieil homme avec un genou fragile, et de l’arthrite… à quoi servirait-il sur les murs de la forteresse ? Mais voilà… son ennemie personnelle, la Mort elle-même, vient le défier de la rejoindre sur les murs…

Et il est Druss, et parce qu’il est Druss, surnommé « Marche-mort », le « Capitaine à la Hache », il ne peut renoncer ni faillir. Ressortant sa hache légendaire, « Snaga l’Expéditrice, les lames sans retour », il se met en route pour rejoindre la plus grande forteresse du monde, et la défendre avec 10 000 hommes contre un demi-million d’envahisseurs. Car il refuse la défaite, il renverse les probabilités. Ce qu’il a fait à la Passe de Skeln, et qui a forgé sa légende, il peut le refaire. Après tout, ne dit-on pas que même les montagnes tremblent sous son regard ?

Druss est LE héros par excellence. Fort, droit, loyal et noble, méprisant sa propre douleur. D’ailleurs, « Légende », et par extension l’œuvre complète de l’auteur est une exhortation permanente au courage, à la volonté, au mépris de l’adversité. Cependant, Gemmell arrive à faire percevoir au cours du récit certaines failles dans l’armure. Car ce qui fait sa légende sape Druss : à sa mort, le monde pleurera le combattant. Qui se souviendra de l’homme ?

Ce caractère héroïque se retrouve sous différentes formes dans tous les personnages principaux du roman : l’un est un noble en fuite, poursuivi par le souvenir d’une erreur fatale, l’autre un officier incapable qui finit par affronter ses doutes et devenir un guerrier…
Ainsi se déploie toute une galerie de personnages, d’importance variable dans le récit, mais toujours bien cernés, assez stéréotypés, il faut bien le dire, mais avec ce soupçon de subtilité qui change tout. C’est là la principale force de Gemmell selon moi : il exploite à fond chacun des stéréotypes qu’il utilise, sans jamais virer à la caricature, le tout dans un style profondément immersif, avec une variation des points de vue qui permet au lecteur d’avoir une compréhension globale, et un sens de la mise en scène absolument jouissif.

Je sais que Marmotte a l’habitude de noter ses lectures… mais vous aurez compris que ce livre est l’un de mes gros coups de cœur. Ou plutôt, comme j’aime le dire, ma Bible personnelle. Par conséquent, ma notation ne saurait être objective.

Mais bon, 1000/10 quand même, parce que c’est DRUSS !

Voilà, j’espère que ça vous a plu! Si vous aussi vous souhaitez parler d’un de vos coups de coeur, n’hésitez pas à me contacter, en commentaire ou par mail, pour qu’on en discute!