Archives quotidiennes : 04/10/2011

Rongeuse de Livres sur Twitter

Encore une étape franchie dans l’entreprise d’invasion du monde par les marmottes!

Plus sérieusement, vous pourrez désormais suivre les publications du blog via cette petite chose sympathique (et fortement addictive) qu’est Twitter, et plus particulièrement ici!

A bientôt!

Publicités

Grignotage n°141: Maman, je veux pas être empereur, Françoise Xenakis

Couverture Maman, je ne veux pas être empereurMaman, je veux pas être empereur. C’est ce qu’écrit le petit Néron à sa mère, Agrippine, dont l’unique but est justement que son fils règne. A travers des lettres, des journaux intimes inspirés de documents réels, l’auteure revisite la relation complexe (et passablement tordue) entre ces deux personnages que l’histoire a souvent présentés comme des monstres.

Ce roman nous plonge donc dans l’atmosphère à la fois sophistiquée et cruelle de Rome au temps de l’Empire. On a un peu l’impression que tout le monde veut coucher avec tout le monde, le tuer, ou les deux, et l’auteure nous décrit franchement ces scènes de violence, de meurtre et d’inceste. Âme sensible s’abstenir, donc.

La connaissance qu’a Françoise Xenakis des us et coutumes de l’époque lui permet de placer ses personnages dans un cadre totalement crédible, presque tangible, qu’elle semble mettre en place avec une certaine jubilation. On sent la présence de grands auteurs latins sous chaque page: Tite-Live, Suétone, Sénèque…, mais l’auteure se démarque de ses sources par un style littéraire propre, plein de piquant, de sarcasme, mais aussi de sensibilité.

En effet, elle parvient à nous décrire ses deux personnages principaux avant tout comme des êtres humains.  Névrosés, fous, cruels par moment, mais humains. Et parfois même attachants (en même temps je trouve le Néron de Racine attachant aussi, alors je suppose que cette dernière phrase semble extrêmement subjective!).

On plaint Néron, élevé par une mère obsessionnelle et on le déteste pour sa lâcheté et sa faiblesse , comme on plaint Agrippine pour ce qu’elle a vécu durant son enfance tout en la détestant pour sa propension à la manipulation . Ces constants renversements, résultats de l’alternance de point de vue entre Aggripine et son fils, font tout l’intérêt de ce roman, dont le but visible reste une réhabilitation du personnage de Néron.

L’auteure, tout en restant attachée aux faits historiques et aux textes latins, nous propose en effet une version de la mort de Britannicus et de l’incendie de Rome auxquels Néron n’aurait pas pris part, et le présente comme un jeune homme que l’exercice du pouvoir a détruit, au détriment de ses ambitions artistiques et de son souhait d’anonymat et de liberté.

Si je devais donner une note: 7/10