Grignotage n°132: La Dame à la Licorne, Tracy Chevalier

Nicolas des Innocents, miniaturiste renommé et grand séducteur, a été choisi pour peindre le modèle de la tapisserie commandé par Jean Le Viste. Tandis qu’il mène à bien cette tâche ambitieuse, on suite dans son sillage les déboires de la famille Le Viste, et en particulier ceux de leur fille aînée, Claude, ainsi que les difficultés de la famille de tisserands bruxellois choisis pour livrer la tapisserie qui deviendra la célèbre Dame à la Licorne.

Ce roman historique s’intéresse davantage aux personnages qu’aux décors, et malgré son aspect assez documenté, j’ai trouvé que les faits manquaient un peu de solidité (il faut dire qu’entendre parler de sacs de pommes de terre en 1490 a de quoi retirer une bonne part de sa crédibilité historique au récit. Chipotage, certes, mais l’erreur est quand même étonnante… peut-être un problème de traduction ?).

Le récit se fait par alternance des points de vue de plusieurs personnages. J’ai détesté Claude Le Viste, à qui l’auteure a donné le ton de l’adolescente typique et forcément assez exaspérante. Le seul personnage auquel je me suis un peu attachée est celui d’Aliénor, la fille aveugle du maître lissier. Le thème de sa cécité et son utilisation au cours du récit sont deux éléments intéressants.

Mis à part cela, même si l’intrigue retombe correctement sur ses pieds (oui, pour ceux qui ne le sauraient pas, une intrigue a des pieds !^^), l’ensemble paraît manquer de texture et de densité. Comme je l’ai déjà dit pour La jeune fille à la Perle, on entre facilement dans le récit, et on en ressort tout aussi facilement.

Néanmoins, pour un petit roman historique qui ne prétend pas au chef d’œuvre, mais affiche la volonté de l’auteure d’évoquer la création d’une œuvre d’art, La Dame à la Licorne fournit un bon divertissement, une description assez documentée de l’art du tissage au XVème siècle et un début de réflexion sur la démarche artistique.

Mon avis mitigé vient probablement du fait que j’ai tendance à préférer les romans historiques un peu plus « solides », les grandes fresques très immersives… Mais je suis certaine que ce livre peut aussi être un coup de cœur, il n’a juste pas trouvé en moi la lectrice idéale !

Si je devais donner une note : 5/10

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3 réponses à “Grignotage n°132: La Dame à la Licorne, Tracy Chevalier

  1. Je suis entièrement d’accord avec toi… on entre dans l’histoire, on en sort… et c’est tout. Je m’étais même limite ennuyé alors que le livre est tout petit mais je pense que cela vient du style de Tracy Chevalier parce que j’ai eu la même impression avec La Jeune fille à la Perle. Du coup je me suis arrêté là pour cet auteur.
    En prime, je n’ai pas trouvé qu’on apprenait réellement quelque choses sur les tapisseries elles-mêmes; avec toutes les interprétations qui existent cela aurait pu être beaucoup plus intéressant.

  2. Elle se débrouille mieux que ça d’habitude, c’est dommage !

  3. J’ai amplement préféré « La Jeune fille à la perle » que j’ai trouvé bien plus prenant !

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