Grignotage n°131: Océan Mer, Alessandro Baricco

Couverture Océan MerBartleboom tente d’écrire une encyclopédie et attend la femme de sa vie, Elisewin est une princesse qui a peur de vivre, le père Pluche l’accompagne tout en rédigeant des milliers de prières, Ann Dévéria veut guérir d’un adultère, Plasson veut peindre le portrait de la mer… Tous sont des personnages étranges, mélancoliques, malades, et tous se retrouvent à la pension Almayer, un lieu hors du temps au bord de la mer, et leur histoire nous est dévoilée au cours d’un long poème en prose.

Après avoir beaucoup apprécié Soie, je me réjouissais de retrouver dans ce livre l’écriture poétique et inventive d’Alessandro Baricco. Ce récit très déstructuré, où chaque personnage semble sorti d’une histoire différente, exploite de façon intelligente diverses techniques narratives. Le texte en lui-même est poétique, et constitue un véritable hommage à la mer, destructrice pour certains personnages, source d’inspiration ou de guérison pour d’autres.

J’ai trouvé intéressant l’impression qui persiste tout au long du livre que ces personnages ont chacun un passé très différent, sont issus d’époques et de lieux (voire d’autres romans!) qui n’ont rien en commun, et se croisent simplement à la pension Almayer, un lieu un peu à part, presque onirique, où ils interagissent avant de repartir là d’où ils viennent.

Malgré un concept original, j’ai trouvé que le livre avait un peu tendance à se noyer (c’est le cas de le dire!) au milieu de toute cette inventivité rédactionnelle, ce qui avait tendance à l’affadir. Oui, c’est joli, beau parfois (certains passages sont à lire et à relire en eux-mêmes, car ils sont vraiment magnifiques), mais ça reste tout de même très flou, un peu trop forcé à mon goût (la deuxième partie, notamment, est très proche du poème en prose, et le principe de la litanie répétée inlassablement, bien que très intéressant en soi, finit par alourdir le texte plutôt que de le valoriser).

J’ai préféré la troisième partie, écrite plus simplement, de façon un peu plus linéaire, durant laquelle on s’attache véritablement aux pas de chaque personnage.

Alors qu’il met très bien en valeur un récit court comme Soie, j’ai trouvé que le style d’Alessandro Baricco se prêtait moins à des livres plus longs, car même si on y trouve de très beaux passages et de très bonnes idées, le tout à mon avis donne un aspect un peu flou au fond, et une dimension un rien artificielle à la forme.

Si je devais donner une note: 6/10

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3 réponses à “Grignotage n°131: Océan Mer, Alessandro Baricco

  1. ça m’a l’air bien compliqué … Mais sinon j’ai Soie dans ma PAL.

  2. Si ma chronique donne l’impression que le livre est compliqué, je m’en excuse, ce n’est pas le but! en fait la lecture se fait assez simplement, c’est juste que le texte se veut assez littéraire, et je n’ai pas vraiment accroché au style! J’espère que ça ne te découragera pas pour Soie, il est vraiment très beau, et l’écriture se prête beaucoup mieux, je pense, à ce type de romans très courts!

  3. Contrairement à toi, j’ai été tout à fait envoûtée… Certes Baricco est plus un génie de la forme courte, mais je trouve qu’il parvient avec brio à jouer de son talent pour l’adapter à des romans plus long en juxtaposant justement différents récits, voire en les mêlant comme dans City. Je ne peux que te conseiller d’essayer à nouveau !

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