Archives mensuelles : septembre 2011

* L’OVNI du mois de Septembre * Vingt et une orties, Valence Rouzaud

Voilà le deuxième livre de Valence Rouzaud qui m’a été envoyé (encore une fois, merci!). Il est publié par Les Deux-Siciles, et contient une dédicace de l’auteur himself!

Ce petit livre est en réalité un recueil de lettres, parues, d’après ce que j’ai compris, dans différentes revues, et adressés à plusieurs destinataires, anonymes ou non.

L’auteur tourne ces lettres tantôt comme des billets d’humeur, tantôt comme des explications de ses poèmes. On frôle souvent le poème en prose, on tombe même parfois en plein dedans, et même si on ne comprend pas tout, ces lettres, bien que hors contexte, valent d’être lues pour elles-mêmes. Je les ai préférés aux poèmes, car leur dimension poétique m’a paru, étrangement, plus évidente, plus facile à saisir, et moins volontairement mise à mal par l’auteur lui-même. En bref, cela correspond peut-être mieux à ma très humble (et sûrement très formatée) vision de la poésie.

J’ai en tout cas apprécié ces deux recueils, très différente de mes lectures habituelles, et qui m’a ouvert des pistes pour de prochaines découvertes.

Si je devais donner une note: 8/10

Comme en ce moment je vois partout de nouvelles éditions des ouvres de C.S.Lewis, autres que Les Chroniques de Narnia (j’ai un peu l’impression qu’on déterre tout ce qu’on peut trouver de cet auteur comme on l’a fait pour Tolkien, mais bon, pourquoi pas?), l’OVNI du mois d’Octobre sera sûrement consacré à un de ses essais, qu’une amie américaine m’a offert.

A bientôt!

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Grignotage n°139 : Le Déchronologue, Stéphane Beauverger

Couverture Le déchronologueDans les Caraïbes du XVIIème siècle, le capitaine française Henri Villon s’apprête à mourir lors de sa plus étrange et dangereuse bataille navale. Au fil de chapitres à la chronologie destructurée, il raconte comment, au cours de ses voyages, entre abordages et bouteilles de tafia, il est devenu propriétaire du Déchronologue, un bateau dont les canons crachent du temps…

La narration à la première personne nous permet de découvrir Henri Villon, capitaine huguenot marqué par la défaite de La Rochelle. Perpétuellement sous l’emprise de l’alcool, il n’en écrit pas moins ses aventures dans un style réaliste, précis, au vocabulaire fleuri, qui facilite l’immersion du lecteur grâce à des descriptions très évocatrices: on a presque l’impression de marcher à ses côtés dans les ports caraïbes!

Les personnages secondaires, même si on en apprend relativement peu sur eux au cours de l’histoire, car ils y font le plus souvent de brèves apparitions, sont tous bien caractérisés, grâce à des portraits efficacement brossés en quelques lignes, des dialogues mélangeant divers jargons, et de nombreux surnoms.

L’incursion de la SF dans cet univers de roman historique et de flibuste se fait de façon très progressive. L’ordre volontairement perturbé des chapitres permet une apparition graduelle des éléments étrangers à l’époque de Villon, et des différents personnages ayant un lien avec ces perturbations temporelles. J’avais un peu peur de ne pas comprendre grand chose à ces questions de temporalité, mais l’auteur évite de nous noyer sous les explications scientifiques, et les phénomènes qui interviennent dans le roman sont aisément compréhensibles du point de vue du personnage principal.

Juste après ma lecture, j’ai été un peu déçue que l’auteur ait choisi de rester dans le flou par rapport à de nombreux éléments, mais à bien y réfléchir, ces explications sont également refusées à plusieurs reprises à Villon au cours de l’histoire, et on peut aisément comprendre le récit tout en appréciant la part de mystère dont certains éléments restent nimbés une fois la dernière page tournée.

J’ai adoré ce roman à l’histoire originale! Certes, il peut paraître un peu exigeant à cause de son style d’écriture au vocabulaire riche et de sa chronologie perturbée, mais une fois qu’on est entré dans l’histoire, il se dévore avec un immense plaisir, et le récit est à ce point immersif qu’on a de fortes chances de rêver encore de navires et de forêts tropicales une fois la lecture achevée!

Si je devais donner une note: 10/10.

Un grand merci à Plumeline, qui a organisé cette LC et m’a permis de découvrir ce livre!

D’autres avis sont disponibles ici:

Iluze, reveline, Aaliz, Miss Spooky Muffin, Kactusss

Grignotage n°138: L’Entreprise des Indes, Erik Orsenna

Couverture L'Entreprise des IndesBon, d’accord, j’avoue que j’ai entamé ce livre avec toute une série d’a-priori, principalement dus au « de l’Académie française » qui suit le nom de l’auteur sur la couverture du livre. « C’est écrit par un académicien donc le style va être pompeux et désuet, le sujet sera principalement l’occasion de digressions philosophico-érudites, je ne vais rien y comprendre, ou si par chance j’y comprends quelque chose je vais m’ennuyer, et Orsenna rejoindra la liste (heureusement pas trop longue), des auteurs que je ne lirai que sous la menace d’une privation simultanée de thé et de chocolat! »

Il aura fallu une pénurie de lecture juste avant un voyage en train pour me décider à me précipiter vers les maigres étagères de la maison de la presse la plus proche, et à attraper ce livre, entre Da Vinci Code (je-l’ai-déjà-lu-et-me-suis-ennuyée) et le premier tome de Millenium (j’aime-pas-les-thrillers-même-si-j’ai-conscience-que-je-perds-sûrement-quelquechose).

Ce n’est certainement pas la première fois qu’un auteur décide de prendre la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb comme sujet d’un de ses romans. En l’occurence, Erik Orsenna se penche surtout sur la genèse du premier voyage de Colomb, du point de vue de celui qui a toujours vécu dans l’ombre du navigateur, à savoir son frère Bartolomé.

L’écriture est simple, agréable, on retrouve durant le  récit des références à de nombreux textes et cartes, c’est érudit sans être ennuyeux. Tout le roman est sous-tendu par un certain amusement de l’auteur vis à vis de son intrigue et de ses personnages. On n’éclate pas de rire à chaque page, mais on se surprend souvent à sourire, mis à part sur la fin, où durant quelques pages le narrateur dénonce les violences subies par les indiens lors de l’arrivée des européens.

J’ai bien aimé ce récit, qui est aussi l’occasion pour le personnage principal de se raconter et de nous inviter à un voyage plein d’anecdotes dans la Lisbonne du  XVème siècle et surtout dans l’univers des marins et des cartographes.

Si je devais donner une note: 7/10

Grignotage n° 137: Tara Duncan, T9, Contre la Reine Noire, Sophie Audouin-Mamikonian

Couverture Tara Duncan, tome 9 : Tara Duncan contre la Reine NoireÀ la stupéfaction générale, Tara, le jour de ses seize ans, refuse catégoriquement de devenir impératrice d’Omois, alors que sa tante, Lisbeth, annonce qu’elle abdique en sa faveur.
Et la stupeur devient terreur quand Tara s’incarne en… Reine Noire !
Démoniaque, prête à tout pour accéder au pouvoir, elle était tapie au fond de Tara depuis que celle-ci a utilisé la magie dans les Limbes, et attendait son heure…
Tara est obligée de fuir AutreMonde, car on veut la mettre aux arrêts afin de bloquer la Reine Noire. Il lui faut aller sur Terre, arrêter Magister. Elle sait aussi que, tôt ou tard, elle devra affronter celle qui vit en elle. Est-ce une entité démoniaque ? Ou la part la plus sombre d’elle-même ? Laquelle finira par dominer l’autre ?

Amour, humour et magie sont au rendez-vous de cette nouvelle aventure de Tara Duncan et de ses amis. Plus que jamais, Tara doit faire face à son destin. Sera-t-elle la future Impératrice d Omois ? Ou le diabolique Magister aura-t-il raison d elle ?

Je tiens à signaler que la dernière question du résumé est totalement rhétorique, étant donné que l’auteure a prévu que sa saga contiendrait 12 tomes. Donc pas vraiment de suspense de ce côté de la couverture^^

Ce tome m’a semblé reprendre à peu près la même structure que le précédent. Un début rapide, palpitant. Tara et ses amis doivent s’enfuir pour échapper à un danger plus ou moins important, et plus ou moins lié à leur ennemi de toujours, Magister. Puis, un long passage de découverte d’un monde étrange et jusqu’alors inconnu (dans le tome 8, Les Limbes, dans le tome 9, la plaine des Amazones), et enfin un grand combat contre une entité féminine potentiellement maléfique, partiellement ridicule et carrément mégalo (l’impératrice dans le tome 8, la reine noire dans le tome 9).

Sauf que j’ai trouvé le tome 9 un peu au dessus du précédent, du point de vue de l’intrigue, des traits d’humour (qui, cette fois, m’ont fait franchement sourire, et ça me manquait dans cette série!). On découvre de nouvelles facettes du gentiment loufoque AutreMonde à travers les aventures des jeunes héros.

Les différents personnages grandissent et gagnent en maturité, ils sont toujours aussi attachants, même s’il est parfois étrange et un brin ennuyeux de voir Tara ou Moineau se lancer dans des dissertations de philosophie en plein milieu d’une bataille… Ca manque légèrement de crédibilité quand même…

Les relations entre les personnages évoluent, avec un lot de surprises, et quelques évènements que j’attendais depuis les tout premiers tomes (Glapissement hystérique: Caaaaaal!!!). On en apprend enfin un peu plus sur Magister, et l’auteure réussit le pari difficile de le rendre à la fois ridicule, attachant, et quand même très très méchant.

J’ai eu l’impression que l’auteure passait énormément de temps à se justifier par rapport aux changements  que connaissent ses personnages dans ce tome quant à leur vie sentimentale, comme si elle avait peur de se faire lyncher par des fans en furie… c’est un peu dommage car cela alourdit beaucoup la narration. C’est vraiment dangereux à ce point, des Tarafans en furie?

Bref, on gagne nettement en qualité au niveau de la narration, de la complexité des personnages, l’intrigue est toujours aussi mouvementée et entraînante, l’imagination de l’auteure toujours aussi débordante. En tant que fan de Tara Duncan, je devrais être ravie, et arrêter (enfin!) de râler.

Sauf que! Ces romans sont, définitivement et de plus en plus, mal écrits! Le niveau de vocabulaire se relâche, il y a des répétitions (j’ai beaucoup ri en voyant Tara habillée d’un « petit short court »… pas vous?), des coquilles, des phrases où il manque des mots, des fautes de grammaire qui font mal aux yeux… on dirait que personne n’a jamais pris le temps de relire le manuscrit avant de l’imprimer… et c’est dommage, car avec une petite (grosse!) amélioration au niveau du style, Tara Duncan passerait de « série jeunesse sympa mais pas aboutie » à « excellente série jeunesse pleine d’inventivité et d’originalité ». Mais forcément, avec un rythme de publication d’un Tara Duncan par an, on peut comprendre que ni l’auteure ni les éditeurs n’aient le temps de relire leur publication… non? (comme dans la quatrième de couverture du livre sus-chroniqué, ceci est une question purement rhétorique…^^)

Si je devais donner une note: 6,5/10

Tara Duncan, T1, Les Sortceliers

Tara Duncan, T2, Le Livre Interdit

Tara Duncan, T8, L’Impératrice Maléfique

Grignotage n°136: Lavinia, Ursula Le Guin

Couverture LaviniaQuatrième de couverture: Dans l’Énéide, Virgile ne la cite qu’une fois. Jamais il ne lui donne la parole. Prise dans les filets du poète qui n’écrira l’épopée des origines de Rome que des siècles plus tard et sans avoir le temps de l’achever avant sa mort, Lavinia transforme sa condition en destin. De ce qui sera écrit elle fait une vie de son choix. Et cela dans la douceur amère et la passion maîtrisée que suscite son improbable position : elle se veut libre mais tout est dit.

J’ai été assez déçue par ce livre. Il a beaucoup de qualités, mais je m’attendais, au vu de certaines critiques positives que j’ai pu lire, à un style d’écriture plus dense et plus poétique.

J’ai aimé l’ambiguité sur laquelle repose l’identité de Lavinia: personnage historique? personnage fictif? les deux? L’apparition de Virgile au cours du roman est très intéressante, car il s’agit d’une manière originale d’explorer le rapport souvent complexe entre un auteur et ses personnages.

J’ai aussi apprécié la façon dont Ursula Le Guin s’attachait à nous montrer la vie dans le Latium aux temps semi-légendaires d’avant Rome, avec beaucoup de détails, notamment, sur les rituels et la spiritualité.

J’ai eu un vrai coup de coeur pour la dernière page, car, enfin, j’y trouvais la densité stylistique, l’inventivité et la poésie que j’avais cherché pendant toute ma lecture. Mais les quelques centaines de pages précédentes ont été marquées par un certain ennui, une difficulté chronique à m’intéresser vraiment à ce que je lisais.

Le point de vue adopté est original, l’auteure s’appuie élégamment  sur le texte de l’Enéide, dont elle comble les lacunes, les personnages à l’origine mythologique ont des caractères très fouillés et leurs relations souvent conflictuelles les rendent très humains. J’ai apprécié le parti pris d’Ursula Le Guin de ne pas faire intervenir les dieux si récurrents dans le poème latin. J’ai d’ailleurs mieux compris la démarche générale de l’auteure grâce à la postface, qui aurait surement gagnée à être lue en début de lecture.

Je n’ai cependant pas trouvé dans ce roman la qualité d’écriture à laquelle je m’attendais. Le livre n’est pas mal écrit à proprement parler, mais il m’a semblé dépourvu de style propre, d’aspérités qui auraient pu éveiller mon intérêt et rendre l’intrigue passionnante.

Si je devais donner une note: 5/10

Grignotage n°135: Bride Stories, T2, Kaoru Mori

Couverture Bride Stories, tome 2Amir, qui ignore encore que son père a pour projet de la marier à un autre homme, s’habitue peu à peu à sa nouvelle vie aux côtés de Karluk et de sa famille.

Hélas, après avoir vu ses émissaires renvoyés sans ménagement, le clan de la jeune femme n’a pas l’intention d’en rester là : cette fois-ci, c’est toute une troupe de cavaliers qui font irruption dans le village, et ils comptent bien ramener Amir avec eux… quitte à employer la force !

Le deuxième tome de Bride Stories tient toutes les promesses du premier! Le graphisme est toujours aussi soigné (on s’extasie devant les broderies réalisées par les femmes du clan de Karluk, sur les costumes, les paysages…), et le lecteur se laisse toucher par la poésie des scènes de la vie quotidienne, que la mangaka décrit avec beaucoup de délicatesse.

Des scènes plus dynamiques sont présentes dans ce tome, et contribuent à maintenir un fil narratif qui, bien que ténu, donne sa cohérence à cette série de d’instantanés.

Les personnages secondaires sont également davantage développés, ce qui donne l’occasion de découvrir de nouveaux aspects de la vie et des traditions de ce peuple d’Asie Centrale. Le rythme est lent, l’histoire se concentre sur des détails, et pourtant on ne s’ennuie pas, car l’ensemble est très prenant.

J’aime beaucoup la fraîcheur et le point de vue différent apportés par l’explorateur anglais qui étudie leurs coutumes. Il sera d’ailleurs le personnage principal du troisième volume!

Si je devais donner une note: 10/10

Bride Stories, T1

Rongeuse de Livres fait sa rentrée!

Il est tout neuf, il est beau, le nouveau design de Rongeuse de Livres! A qui doit-on cette merveille (n’ayons pas peur des mots), me demanderez-vous? … Le créateur de ce nouveau design répond au nom (ou plutôt au pseudo) de Saint Epondyle, geek, blogueur, et depuis peu docteur ès design girly et pastel!

Je vous invite à aller visiter son blog, Cosmo Өrbüs, dédié à l’univers du geek, des jeux de rôle et jeux vidéos aux livres, en passant par les films et les séries.

Merci beaucoup d’avoir donné un peu de ton temps pour refaire une beauté à mon blog (et, ce faisant, d’avoir supporté mon impatience et un certain harcèlement marmottesque^^)

Je vous en avait  parlé cet été, et maintenant, les travaux sur Rongeuse de Livres sont presque terminés (plus que la liste de liens à mettre à jour, et quelques modifications minimes à faire).

Le blog va pouvoir reprendre tranquillement son rythme de croisière, avec, évidemment, des chroniques de livres, mais aussi des présentations d’auteurs, une ribambelle de défis, de swaps, et quelques concours de temps en temps si vous êtes sages! Il y aura aussi, tous les mois, des bilans de lectures , des litté-à-thèmes (j’ai pas mal d’idées, mais il faut que je m’y mette sérieusement^^), des OVNIS, bref, des livres, des livres, et encore des livres!

Bonne rentrée (en retard ou en avance, c’est selon!), bonne lecture, et bonne visite sur Rongeuse de Livres!