Grignotage n°97: La Catin, Iny Lorentz

J’ai mis plusieurs semaines à le finir (notamment parce que je devais donner la priorité à des LC et à d’autres lectures en cours), mais voilà, je l’ai lu, et en VO, s’il-vous-plaît (600 pages en allemand, j’avoue être assez fière de moi!). Mais avant de me lancer dans une tirade d’autocongratulation, je vous livre la quatrième de couverture (en français, n’ayez pas peur!)

A la veille de son mariage, rien ne prépare Marie au cataclysme qui va s’abattre sur son existence. Dans cette Allemagne du XVè siècle, sa beauté, sa chasteté et sa dot la promettent au meilleur des partis. Ce sera Maître Ruppertus Splendidus, jeune et brillant avocat qui a l’oreille des puissants. Mais quand Marie est calomniée, jetée en prison puis violée, le conte de fées tourne soudain au cauchemar… Jugée sommairement puis bannie, elle n’a d’autre solution pour survivre que de rejoindre un groupe de prostituées itinérantes. Rejetée avec ses compagnes d’infortune au ban de la société, Marie a cependant un atout qui l’aidera à surmonter toutes les épreuves: en elle, brûle le feu de la vengeance…

J’ai trouvé le contexte historique sur lequel s’appuie l’intrigue très bien exploité, on se retrouve aisément plongé au XVème siècle, dans une Allemagne troublée par des querelles politiques (guerres entre suzerains, conflit entre l’Empereur et la Papauté…). De plus, alors que le titre laissait présager un grand nombre de scènes au moins érotiques, l’auteure s’en sort sans éviter le sujet (ce qui serait peut-être un peu paradoxal étant donnée la profession de son personnage principal) mais sans pour autant se complaire dans les détails, ce qui, sur 600, est très appréciable. En effet, l’histoire se concentre davantage sur les faits et gestes de Marie et sur sa psychologie, plutôt que sur la description du métier qu’elle exerce.

Le pari aurait été réussi si Iny Lorentz avait doté son personnage principal d’un véritable caractère. J’ai en effet trouvé que Marie manquait de personnalité (elle est jeune, belle, une conspiration détruit sa vie… elle est désespérée et veut se venger… certes, mais encore? un peu simpliste tout ça…), et que l’auteure l’instrumentalisait un peu, de façon à pouvoir décrire les situations qui l’intéressait. Je n’ai pas réussi à m’attacher à Marie, ce qui peut être gênant lorsqu’on voit la taille du livre. Cependant, l’auteure a réussi à m’intéresser à des personnages secondaires, dont Hiltrude ou Mechthilde (on notera ce faisant l’élégance inimitable de certains vieux prénoms allemands^^) ou encore Michel, même si sa réapparition dans le dernier tiers de l’histoire fait l’effet d’un cheveu dans la soupe.

Vous aurez peut-être remarqué que je me suis arrêtée plusieurs fois sur la longueur de ce roman? Sinon, ce n’est pas grave, j’y viens quand même! En effet, c’est sur le sujet, et également sur la narration, que se concentrent la plupart de mes critiques.

Durant ma lecture, j’ai trouvé que les scènes qu’on me décrivait étaient intéressantes en elles-mêmes et agréables à lire, mais elles contenaient quelques longueurs et me paraissaient souvent assez peu utiles pour faire avancer l’histoire (j’ai eu du mal à voir où l’auteure voulait en venir). De même, le manque de transition et les ellipses rendent parfois la trame difficile à suivre (mais ma faible maîtrise de l’allemand est peut-être également en cause à ce niveau!). Lorsque j’ai (enfin!) refermé le livre, j’ai eu l’impression que l’intrigue aurait aisément pu tenir en moitié moins de pages, sans que la qualité du roman n’en souffre (au contraire, une intrigue plus dense l’aurait peut-être mieux servi).

Pour résumer, ce roman est servi par une trame historique bien développée, une idée de base intéressante, une écriture agréable, ou du moins qui se lit sans difficulté, mais le manque de personnalité de l’héroïne et la faible densité de l’intrigue ont causé une légère déception. Le dernier tiers du roman m’a semblé le plus agréable à lire, car un peu plus dynamique, mais cela ne suffira pas à me faire lire le deuxième tome, car j’ai peur de vraiment m’ennuyer!

Si je devais donner une note: 6,5/10

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5 réponses à “Grignotage n°97: La Catin, Iny Lorentz

  1. Juste te dire Bravo pour les 600 pages en allemand ! 😉

  2. Merci! J’avais complètement perdu l’habitude de lire dans cette langue, je suis contente d’avoir pu m’y remettre, je vais essayer de continuer, mais avec des livres plus « légers »^^

    • Comme Unendliche Geschichte ? 😀

      (bon ok ça pèse son poids en page, mais pour l’avoir lu en anglais je crois pouvoir dire que c’est assez « conte » pour rester agréable dans toutes les langues).

  3. Félicitations pour l’avoir lu en VO.
    Moi, j’ai apprécié ce roman, dommage que l’héroïne t’a fait cette impression.

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