Grignotage n°91: Les hirondelles de Kaboul, Yasmina Khadra

Une très belle découverte littéraire conseillée par Shad, livre acheté à la Foire aux Livres de Bruxelles et lu pendant le Read-a-thon (oui, encore, j’ai été assez productive durant ces 12 heures!^^).

Dans les ruines brûlantes de la cité millénaire de Kaboul, la mort rôde, un turban noir autour du crâne. Ici une lapidation de femme, là un stade rempli pour des exécutions publiques. Les Taliban veillent. La joie & le rire sont devenus suspects. Atiq, le courageux moudjahid reconverti en geôlier, traîne sa peine. Toute fierté l’a quitté. Le goût de vivre à également abandonné Mohsen, qui rêvait de modernité. Son épouse Zunaira, avocate, plus belle que le ciel, est désormais condamnée à l’obscurité grillagée du tchadri. Alors Kaboul, que la folie guette, n’a plus d’autres histoires à offrir que des tragédies. Quel espoir est-il permis? Le printemps des hirondelles semble bien loin encore…

J’ai d’abord été éblouie par l’écriture, superbe, très poétique et contrastée de Yasmina Khadra (le prologue est particulièrement riche de ce point de vue, tout comme certains passages de la fin du roman). D’ailleurs, Minidou, qui lisait à côté, a eu droit à de longues remarques enthousiastes à ce sujet.

L’histoire a d’abord eu du mal à me toucher, justement parce que j’étais trop concentrée sur le style, et sûrement aussi car le thème abordé m’était plutôt étranger. Mais après une vingtaine de pages, la narration semble trouver son rythme, en se partageant entre les deux personnages principaux et leurs épouses.

Certains retournements de situation sont prévisibles, mais ce n’est pas sur l’action que se concentre le roman. L’auteur s’attache à nous décrire une ambiance, à observer  des faits.Le lecteur n’a aucun mal à se représenter les personnages, mais ceux-ci  conservent toujours une certaine ambivalence. C’est ce qui donne au roman une complexité sans laquelle il deviendrait un simple acte de dénonciation. La fin possède une dimension onirique qui permet au roman d’éviter de s’achever sur une réalité moralisante.

La vitesse de lecture imposée par le Read-a-thon m’a malheureusement empêché de repérer de toutes les subtilités liées à l’écriture et à l’intrigue, ce petit livre méritera donc une relecture, et je risque de vous reparler de cet auteur prochainement, car j’ai vraiment envie de découvrir le reste de son oeuvre!

Si je devais donner une note: 8,5/10

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2 réponses à “Grignotage n°91: Les hirondelles de Kaboul, Yasmina Khadra

  1. un bon moment de lecture

  2. Je rejoins ton avis sur sa complexité : le côté insaisissable des personnages est aussi ce qui m’a séduite, au-delà du scénario et même du style (qui sert très bien l’œuvre, et je suis très exigeante dans ce domaine ^^). C’est pour ça que j’ai préféré de loin les Hirondelles de Kaboul aux Sirènes de Bagdad, qui m’a paru plus… convenu ? en tout cas j’y ai senti une visée plus éducative, puisqu’il s’agissait surtout de montrer le parcours d’un terroriste, sans cette folie onirique (je crois que tu as trouvé le mot juste) qui fait son originalité. Après, ça dépend de ce qu’on cherche, parce que le style lui est toujours bien présent.

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