Grignotage n°73: Le livre dont vous êtes la victime, Arthur Ténor

Deuxième achat de la Foire aux Livres! Le thème m’a intriguée (j’adorais les « Livres dont vous êtes le héros » quand j’étais plus jeune!) et j’ai décidé de passer au dessus du côté très « jeunesse » du livre. Avant d’en parler, voilà un résumé!

Alex, un jeune adolescent sans histoires, entre un jour dans une librairie… sinistre. Un livre à la couverture argent l’attire comme un aimant. Première erreur : Alex l’achète. Seconde : il l’ouvre. Le titre de cet ouvrage : Le livre dont vous êtes la victime. Fasciné, Alex se voit donner des ordres, qu’il commet la fatale imprudence de suivre…

Le concept avait l’air sympa… le style de l’auteur l’est moins. Une écriture très impersonnelle, des phrases courtes, beaucoup d’oralité, un vrai manque, à mon avis,  de subtilité et de finesse. Certes, ce livre est destiné aux jeunes lecteurs « à partir de 11 ans », mais je crois que même à cet âge cette façon d’écrire m’aurait un peu contrariée.

Même constat pour les personnages: un trait ou deux de caractère, tout au plus une description rapide. Difficile de s’y attacher, encore moins de s’y identifier. Le personnage le plus abouti, Natas, est une accumulation de clichés (le libraire bizarre, habillé à la Dracula, avec une voix suave et mielleuse… de toute façon il n’y a qu’à regarder son nom pour être fixé..).  Une histoire d’amour atterrit en plein milieu de l’histoire sans qu’on sache vraiment pourquoi (disons que ça manque un peu de crédibilité).

L’intrigue en elle-même est sympathique, avec beaucoup d’action, des bagarres et des courses poursuites, ça peut plaire sans souci à un jeune lectorat… Mais pour le coup j’ai trouvé les 15 dernières pages complètement inutiles, car elles n’ajoutent rien de plus, et reprennent la recette des livres type Chair de Poule: une fois que les héros ont enfin réussi à se sortir de la situation horriblement périlleuse dans laquelle ils s’étaient embourbés, ils se rendent compte, deux pages avant la fin, qu’ils viennent de s’attirer de nouveaux problèmes, encore plus affreux…

Bref, heureusement que ce petit livre se lit vite, mais dans l’ensemble j’ai été déçue car il m’a semblé que le thème aurait pu être beaucoup mieux traité…

Si je devais donner une note: 4/10

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4 réponses à “Grignotage n°73: Le livre dont vous êtes la victime, Arthur Ténor

  1. Je l’ai commencé hier, en effet ça m’a l’air dans la veine des « Chair de poule ». Quant à l’histoire d’amour (si c’est bien celle que je crois), on la sent venir à des kilomètres à la ronde dés le début… pas très subtile, en effet. Au moins ça se laisse lire, puis c’est un titre sympa à caser dans la bibli d’un(e) rongeur(se) de bouquin ^^

    Note : j’aurais préféré que l’auteur joue plus avec le lecteur, par exemple que les renvois de page de la victime soient moins arbitraire et correspondent vraiment au moment où l’action va se passer. Après vérification, ça marche pas… suis peut-être trop exigeante ?

  2. C’est forcément celle que tu crois, étant donné que le récit est quand même pour de nombreux points cousu de fil blanc (pour ça que je me dis que l’annoncer dans ma critique n’est pas vraiment un spoiler :p).
    Moi aussi j’aurais préféré avoir une structure plu proche d’un livre dont on est le héros, avec un minimum d’interaction entre le lecteur et le livre. Mais je pense que dès le départ on a été trompée par le titre et par conséquent, on est peut-être un peu exigeantes :p Bonne fin de lecture en tout cas, le Gordon Zola t’a plu?

    • Pas mal, mais faut aimer l’humour parfois un peu lourd (mais parfois aussi très subtil, il en faut pour tous) et les allusions sexuelles. Dans l’extrait que je t’ai filé fallait connaître la bibliographie d’Apollinaire pour saisir la référence, mais ce n’est pas toujours aussi intellectuel… sans même citer la laborantine « qui pipe même les dés », il insiste beaucoup sur le fait que le notaire habite au-dessus d’un magasin de cravate.

      J’ai aussi été par moment plus vive d’esprit que le commissaire : si je m’y connaissais mieux en géographie française, j’aurais trouvé la planque du serial killer avant lui (si si, il avait laissé un indice qui crèverait les yeux de n’importe quel étudiant en lettres ^^). Enfin, les deux dernières pages valent de l’or : l’avant-dernière parce qu’elle révèle l’identité d’une victime-surprise, la dernière parce qu’elle nous fait entrevoir un faux espoir 😉 ah, et Houellebec déchire comme suspect.

  3. Fini le Livre dont vous êtes la victime. Fin assez risible, en effet, ça me laisse vraiment l’impression d’un bon concept sous-exploité ^^ » j’aurais définitivement plus de subtilité, voire d’ambiguïté, dans la mise-en-scène des personnages, et en particulier du tueur. C’est trop simple d’en faire un malade mental, les bouquins m’auraient paru bien plus diabolique s’ils étaient tous parfaitement ordinaires.

    En plus, c’est bourré d’incohérence. Vous imaginez des gamins de 12 ans prendre un taxi pas loin de minuit sans se faire poser une seule question ? les mœurs ont peut-être changé depuis, mais j’avais 12 ans en 2002 (deux ans avant la date de parution) et je suis pas sûre que je serais passée aussi facilement -__- je te rejoins donc pour la note.

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