Grignotage n°64: La vie immortelle d’Henrietta Lacks, Rebecca Skloot

J’ai reçu ce livre pour mon premier partenariat! Merci beaucoup à Livraddict et surtout aux Editions Calmann Lévy!

Tout d’abord, pourquoi ce livre? Cela fait plusieurs années que je m’intéresse de loin à la bioéthique et aux avancées de la médecine, et ce depuis un exposé au lycée autour de ce sujet. J’essaie donc quand j’en ai l’occasion d’actualiser mes connaissances, et le côté biographique de ce livre me l’a rendu très accessible.

Voici la quatrième de couverture! Elle s’appelait Henrietta Lacks, mais les savants n’ont retenu de son nom que deux syllabes : HeLa. Elle travaillait dans les champs de tabac du sud des Etats-Unis où besognaient ses ancêtres esclaves, mais ses cellules, prélevées à son insu, sont devenues l’un des outils les plus précieux de la médecine moderne. Emportée par un cancer foudroyant en 1951, à l’âge de 31ans, elle a contribué sans le savoir à la mise au point du vaccin contre la polio, au décryptage des tumeurs et des virus, à la mesure des effets de la bombe atomique, et à des avancées telles que la fécondation in vitro, le clonage ou la thérapie génique.

Ce livre ne se limite pas au récit de la vie d’Henrietta Lacks. La narratrice nous raconte son enquête, et notamment sa rencontre et ses entretiens avec les descendants de la famille Lacks, qui ont découvert très tardivement que la médecine s’était « emparée » des cellules de leur aïeule. De plus, ce récit se dote d’une dimension sociale, puisqu’il retrace, à travers le parcours de la famille Lacks, l’histoire de la ségrégation des Noirs aux Etats-Unis. Le paradoxe entre l’importance des découvertes faites grâce à Henrietta Lacks et les difficultés qu’ont ses descendants, très pauvres,  à obtenir des médicaments et à aller chez le médecin se trouve au coeur du récit, de même que la volonté de la famille Lacks de rendre hommage à leur parente et leur colère de ne rien toucher des bénéfices perçus grâce à la vente de ces cellules.

Le livre élargit également le débat, puisqu’il relate d’autres cas similaires à celui cité en couverture, et qui soulèvent également des incertitudes au niveau juridique et éthique. Ces différents sujets, qui sont alternés au fil de chapitres assez courts, évitent la lassitude qu’on pourrait ressentir devant un pavé somme toute plutôt dense, et surtout émaillé d’explications scientifiques relativement poussées (j’en ai lu certaines en diagonales, car même si je les trouvais claires, ce n’était pas forcément cet aspect de l’enquête qui m’intéressait le plus).

Je n’ai pas grand chose à dire du côté de l’écriture. Le style de Rebecca Skloot est facile à lire. Cependant,  sa décision de respecter la diction et les expressions des personnes qu’elle a interviewée, bien que parfaitement justifiée (et malgré une très bonne traduction), a pour résultat d’alourdir les citations, ce qui m’a fait un peu regretter de ne pas lire ce livre en anglais.  Les photos insérées au centre de l’ouvrage permettent de mieux se représenter les personnes dont il est question, et la réalité de ce qui y est raconté devient vraiment tangible. J’ai été particulièrement touchée par l’enquête autour de la vie d’Elsie, une petite fille muette qui a été enfermée pendant plusieurs années dans une institution psychiatrique.

Rebecca Skloot a su donner une grande part d’humanité à une enquête qui aurait pu paraître abstraite et froide, surtout à cause des concepts médicaux, juridiques et éthiques dont il est question. Elle réussit à conserver l’intérêt du lecteur du début à la fin de ces 400 pages de récits, de recherches et d’entretiens.  A l’aide du cas Henrietta Lacks, elle soulève des questions cruciales  et très actuelles sur l’éthique médicale, l’industrie pharmaceutique et scientifique , et plus généralement, le droit qu’ont les hommes de toucher des bénéfices grâce aux produits de leur propre corps et à ceux des autres.

Si je devais donner une note: 8,5/10

Publicités

4 réponses à “Grignotage n°64: La vie immortelle d’Henrietta Lacks, Rebecca Skloot

  1. Jsuis en train de le lire, j’aime beaucoup ton avis !

  2. Merci! 🙂 Bonne lecture, je passerai voir ce que tu en as pensé^^

  3. Je ne suis pas repassée par ici depuis mon dernier commentaire…

    Je l’ai fini (depuis un moment heureusement !), et je suis d’accord avec toi sur l’ensemble de ton article, à part peut-être sur les passages scientifiques que tu trouves un peu lourd… Je les ai trouvé très clairs et accessibles, par rapport à mes cours ! -_-« 

  4. Ce n’est pas que j’ai trouvé l’aspect scientifiques « lourd », mais comparativement à l’aspect plus humain, de la chronique familiale qui constitue le fond de ce livre, il m’a moins intéressée 😉
    En tout cas je suis contente que ce livre t’ait intéressée 🙂 Merci pour ton (double!) passage 😀

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s