Grignotage n°61: Eugénie Grandet, Honoré de Balzac

Ca faisait longtemps que je n’avais pas chroniqué un classique (et assez longtemps que je n’avais pas chroniqué tout court^^). Attention, innovation: cette fois, je me suis mise aux livres audio! Honnêtement je ne sais pas si je serais arrivée au bout de  ce livre si quelqu’un n’avait pas fait « l’effort » de le lire pour moi. Pas que je n’aime pas Balzac, mais parce que je n’étais pas forcément dans le bon état d’esprit pour lire par moi-même un ouvrage aussi dense. Mais du coup, j’ai d’autant plus apprécié cette nouvelle forme de lecture, et je pense que ça peut être très intéressant pour des classiques un peu denses, car on a un autre point de vue sur le texte lorsqu’il est lu à haute voix (peut-être que ça peut être sympa pour du théâtre ou éventuellement de la poésie, j’essaierais certainement). Je ne sais pas trop si cette différence de support va changer la structure de ma chronique, je m’excuse d’avance si c’est un peu le bazar.

Donc, un petit résumé, j’ai pris celui de Livraddict (flemmarde? oui oui^^)!

Félix Grandet a été tonnelier. Grâce à un sens aigu des affaires et une avarice plus que prononcée, il a réussi à faire fortune en profitant des événements de cette époque instable. Autrefois maire de Saumur, il fait maintenant fructifier sa grande fortune tout en faisant croire à sa femme et à sa fille Eugénie qu’ils sont moyennement riches. Les habitants de Saumur, plus au courant de la fortune du père Grandet, voient en Eugénie Grandet le plus beau parti de la ville, et deux notables la courtisent ardemment. Celle-ci, d’une innocence réelle et d’une naïveté prononcée, ne se doute de rien. Jusqu’au jour où arrive son cousin Charles Grandet, fils du frère du père Grandet. Celui-ci est envoyé à Saumur par son père, riche négociant de Paris qui ayant fait faillite éloigne son fils avant de se suicider. C’est Grandet qui annonce son malheur au jeune homme. Plongé dans le désespoir, Charles trouvera dans sa cousine une âme tendre, les deux jeunes gens ne tarderont pas à s’éprendre secrètement l’un de l’autre.

Grâce à l’audio,  les nombreuses descriptions propres au style de l’auteur deviennent très agréables à écouter, car elles installent lentement un décor, et le rythme assez lent donné au récit permet de bien se représenter les situations. Les  dialogues sont, par contraste, très vifs et énergiques, et l’intrigue est ainsi rythmée de façon fluide.

Peu de personnages, mais des personnages principaux très complets et complexes, auxquels la lectrice a vraiment su donner vie. Balzac nous fait le portrait d’une petite ville de province, où le bourgeois devient une sorte de noble, entouré de courtisans qui se divisent en deux camps, chacun souhaitant que l’un des leurs épouse la riche héritière, Eugénie Grandet.

La majeure partie de l’intrigue se déroule dans l’espace confiné de la maison Grandet, où le maître des lieux fait régner une ambiance pesante à cause de son avarice et de son âpreté au gain. Cette atmosphère évolue lorsque apparaît le personnage de Charles, car les personnages d’Eugénie, de Mme Grandet et de Nanon, la servante, semblent prendre vie.

Néanmoins, du début à la fin, ce roman est teinté de pessimisme, voire de cynisme. Le personnage d’Eugénie, même si pathétique ou sublime dans son malheur et lorsqu’elle tente d’échapper à l’autorité de son père, puis aux convenances sociales, ne touche finalement jamais au bonheur, et demeure la victime de l’avarice et de l’ambition de son entourage.

Ce court roman est assez dense, tant au niveau de l’écriture que par la diversité des thèmes qui y sont évoqués. L’auteur nous présente une société médiocre et mesquine, où les êtres d’exception tels qu’Eugénie n’ont d’autres choix que de se conformer, bon gré mal gré, aux règles édictées par les voisins, le prêtre, la famille.  Les personnages sont forts, dépeints par touches, on apprend à les connaître au détour d’une réplique, ou d’une remarque de l’auteur, il suffit parfois d’un seul mot ou d’une courte situation pour que leur portrait s’enrichisse, et j’ai beaucoup apprécié cette subtilité teintée de cynisme.

Si je devais donner une note: 8,5/10

 

 

 

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Une réponse à “Grignotage n°61: Eugénie Grandet, Honoré de Balzac

  1. Ce livre est bien, mais manque de rebondissement, je pense.
    Je viens de publier mon avis sur mon blog.
    Bonne continuation !

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