Grignotage n°8: Le Décaméron, Boccace

Cette sélection de contes du Décaméron m’a tapé dans l’œil à la bourse aux livres et s’est baladée dans ma PAL pendant quelques semaines (mois?) avant que je ne décide de l’ouvrir.
La version originale du Décaméron raconte les veillées d’un groupe de jeunes gens qui décident, durant 10 jours, de raconter 10 histoires par jour, au total, donc 100 nouvelles, dont une soixantaine sont regroupées dans mon édition.
J’ai d’abord été assez déçue par la traduction, qui comportait des maladresses (phrases grammaticalement incorrectes ou difficilement compréhensibles) et des fautes d’orthographes (apparemment l’accord du participe passé pose même des problèmes aux traducteurs!). La plupart des histoires, très courtes, sont écrites sur le mode comique, bien que certaines soient également conçues pour émouvoir le lecteur. On retrouve parfois, d’un conte à l’autre, des personnages récurrents, souvent comiques (j’ai été étonnée de l’importance que Boccace apportait aux noms, chaque personnage, même s’il n’apparait que durant une ligne ou deux, est nommé, et j’ai regretté de ne pas connaître la signification de ces noms en italien). Toutes les histoires reprennent souvent les mêmes schémas: amours impossibles, farces et mauvais tours, maris trompés et femmes ingénieuses, intérêt pour l’orient et ses merveilles, ce qui peut mener à de la lassitude: mieux vaut lire ce livre en plusieurs fois pour que la variété des histoires et des personnages reste distrayante.  Les femmes, souvent, ont le beau rôle, car elles sont souvent belles et intelligentes, et la plupart des contes ne sont pas moralisateurs. Lorsqu’ils le sont cependant, ils laissent entrevoir toute la morale chrétienne qui sous-tend la philosophie et le quotidien de l’Italie du 14ème siècle.
En effet, en plus d’être agréable à lire pour lui-même, ce livre est également un bon moyen de s’imprégner de la mentalité des écrivains comme Giovanni Boccace, mais également de celle des gens de cette époque, qu’il s’agisse de nobles, de paysans ou d’artisans, puisque toutes les classes sociales sont représentées. Le style, imagé sans pour autant devenir vulgaire, préfigure Rabelais, et certaines situations cocasses ont du l’inspirer, de même, par exemple, que Molière.
Même si la fin de la lecture a été accompagnée par un peu de lassitude (la dernière histoire cependant fait partie de mes préférées, et valait donc la peine d’être lue!), je suis très contente d’avoir lu ce livre qui demeure un classique renaissant et comporte, écrite de façon résolument amusante et amusée, une peinture intéressante de la société italienne de cette époque, de ses intérêts, de ses habitudes et de son quotidien.
Si je devais donner une note: 8/10
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