“Dans le Désert des Pluies, les serpents géants se sont enfermés dans leurs cocons, sous la supervision de la dragonne Tintaglia, pour en émerger à leur tour transformés en dragons et assurer la pérennité de leur race. Mais, trop vieux, trop affaiblis, ils ne donnent que des créatures difformes, inachevées, incapables de survivre seules sans l’aide des humains, qu’ils mettent tant à contribution pour les nourrir que les Marchands du Désert des Pluies décident de s’en débarrasser…”
Merci à Ptitetrolle pour l’organisation de cette LC! J’ai lu le premier tome en version américaine, ce qui correspond, en français, aux livres Dragons et Serpents et Les eaux acides (ce qui me fait encore une fois m’interroger sur l’intérêt autre que marketing de découper une trilogie en 6 ou 7 volumes…).
Alors que je me réjouissais de commencer une nouvelle trilogie de cette auteure, je n’ai pas pu m’empêcher, malgré la très bonne qualité du roman, d’être un peu déçue. J’ai retrouvé en effet ce qui m’avait plu dans les autres livres de Robin Hobb: des personnages complexes et pas vraiment manichéens, un monde d’une grande cohérence et regorgeant de détails intéressants et originaux, une écriture agréable au vocabulaire très riche. Mais voilà, il m’a manqué un peu de l’intensité qui avait fait de l’Assassin Royal et des Aventuriers de la Mer d’énormes coups de coeur.
Les personnages humains, bien qu’intéressants en eux-mêmes, n’apportent pas grand chose de neuf. On retrouve certaines réflexions, déjà abordées par l’auteure, sur la condition des femmes avec Alise, sur la différence avec Thymara, sur l’ambition avec Sedric. Je me suis surtout intéressée aux personnages a-priori les moins sympathiques, mais qui m’ont semblé avoir davantage de relief, comme Hest ou Greft, mais on ne les voit pas énormément dans ce premier tome. Par contre, j’ai trouvé les dragons extrêmement bien décrits. Robin Hobb est parvenue à leur donner à chacun une personnalité bien reconnaissable, tout en les dotant tous d’une façon de penser et de réagir très différentes de celles de leurs compagnons humains.
Le rythme de l’histoire est assez lent, ce qui n’aurait pas été gênant si certaines situations ne m’avaient pas semblé un peu répétitives, même si dans l’ensemble, je n’ai eu aucune difficulté à me plonger dans le récit. Les personnages connaissent par exemple de nombreuses désillusions, ce qui m’a paru très bien trouvé en début de lecture, mais un peu moins après la quatrième ou la cinquième scène racontant la façon dont Alise se retrouve confrontée à une réalité bien différente de ce qu’elle avait imaginé. De même, à cause de la relative lenteur de la narration, tout en étant curieuse de lire la suite et de savoir ce qu’il advient des personnages et des questions posées dans ce premier tome, je n’ai pas cette impatience qui caractérisait ma lecture des autres séries.
J’ai par contre beaucoup aimé l’idée de l’échange de missives par pigeons voyageurs, cela permet de donner une autre perspective à l’histoire, en la montrant du point de vue de personnages extérieurs, et dans une moindre mesure de donner quelques repères temporels. Croiser brièvement certains personnages des Aventuriers de la Mer est assez sympa, et ces différentes rencontres sont assez bien insérées dans le récit. J’ai aussi apprécié la fin, qui comporte un certain suspense et laisse entrevoir des possibilités intéressantes, sans pour autant être un vrai cliffhanger qui aurait manqué de subtilité.
Dans l’ensemble, une lecture très agréable, un très bon début de série, même si j’ai eu l’impression qu’en retournant à un univers sur lequel elle a déjà beaucoup écrit, l’auteure ne parvenait pas à s’y renouveler.
Si je devais donner une note: 8,5/10
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